Les tisserands de Rouen étaient surnommés «cacheux de navette» (chasseurs de navette).
Dans l'image populaire de saint Lundi, le tisserand est appelé «Fil court». Le terme argotique «batousier» fait allusion au battement du métier.
Les tisserands, autrefois, au lieu de mettre en oeuvre des matières premières qui leur appartenaient, étaient souvent chargés de transformer en tissu de toile le fil qu'on leur apportait: comme le contrôle était difficile, on les accusait de ne pas tout employer, et de se réserver quelques écheveaux pour leur usage personnel. C'est pour cela que les dictons populaires les associaient aux métiers les plus mal famés au point de vue de la probité:—Cènt môounié, cènt teisséran et cènt tayur soun tré cènt voulur.—Cent meuniers, cent tisserands et cent tailleurs sont trois cents voleurs, dit un proverbe de Vaucluse, qui a son parallèle en Béarn, en plusieurs provinces de France, et dans un grand nombre d'autres pays de l'Europe.
Le proverbe écossais qui suit a également de nombreuses variantes:—Put a miller, a tailor and a wabster (weasel) in a pock, take out one and he will be a thief.—Mettez un meunier, un tailleur et un tisserand dans un sac, tirez en un: ce sera sûrement un voleur (p. 5). Un autre dicton écossais assure que jamais le tisserand n'a été, depuis que le monde est monde, loyal dans son métier.
—Ar guiader a laer neud, le tisserand vole du fil, assure un proverbe breton; à Saint-Brieuc, on dit:
—Tisserand voleur, garde la moitié de la toile.
En Écosse, on réédite à propos du tisserand la plaisanterie de l'habit du meunier, si connue en France:
—As wight as a wabster doublet,
That ilka day taks a thief by the neck.
Aussi hardi que le pourpoint d'un tisserand,—Qui tous les
jours prend le cou d'un voleur.
La chanson gasconne des Bruits des métiers prétend que cet ouvrier est peu scrupuleux: