À Guémené-Penfao un monument bizarre composé d'une longue série de pierres alignées du nord-ouest au sud-ouest, est connu sous le nom de Chasse de Saint Hubert. Cette chasse débouche d'un vallon sauvage, puis elle se lance à travers les landes du Lugançon, les bois du Luc et du Pont. Le cerf, très en avant de la meute, est arrivé jusqu'aux bords de l'Isac, c'est le menhir de Lau-sé. J'ai suivi cette chasse fantastique, toujours guidé par les gens du pays, qui l'avaient connue autrefois, toujours déçu dans mes recherches, grâce au défrichement des landes. Plus loin, de l'autre côté du bois du Luc, on m'indiqua, dans la forêt du Pont, un monument formé de plusieurs blocs maintenant brisés que les gens du pays appellent la Voiture de la chasse.
(Pitre de Lisle du Dreneuc, Saint-Nazaire, p. 67).
Suivant une tradition recueillie par M. J. Desmars, Redon et ses environs, citée par Bézier, Inv. p. 181, les menhirs qui composaient l'alignement, aujourd'hui très mutilé, de la Chasse Saint Hubert dans les landes de Lugançon (Loire-Inférieure) avaient eu vie, et rappelaient la punition infligée par saint Hubert à un chasseur du pays, qui avait juré de forcer un cerf avant la grand'messe le jour de Pâques. Emporté par l'ardeur de la chasse, il n'avait pas entendu sonner l'office, et au moment de l'élévation, il avait été pétrifié avec ses compagnons, sa meute et la bête qu'il poursuivait.
XX
La Pierre de saint Lyphard
Au temps où saint Lyphard habitait le bord de la Brière, un dragon monstrueux désolait la contrée; déjà onze jeunes filles avaient été dévorées, lorsque que le monstre réclama la fille du saint. Lyphard saisit alors son épée, et pour en essayer la trempe, il asséna un coup sur une pierre plantée près de là, et qui devint la pierre fendue, puis dégageant la lame prise dans cette fente, il court au monstre et lui tranche la tête.
On voyait encore, il y a peu d'années, cette roche fendue dont l'ouverture béante était assez large pour qu'un homme pût y passer; sur la paroi nord étaient marqués les quatre doigts et le pouce du saint qui s'étaient enfoncés, dans l'effort qu'il fit pour dégager sa lame.
(Pitre de Lisle du Dreneuc, Saint-Nazaire, p. 131).
La chapelle de saint Lyphard en Thourie était jadis le lieu de réunion d'une assemblée le Vendredi-Saint de chaque année. Elle a été détruite vers 1830. On venait de fort loin prier saint Lyphard, ou comme on le prononce saint Liphord, «pour la vie ou pour la mort,» c'est-à-dire que l'on invoquait le saint, pour qu'il obtint une guérison immédiate du malade ou une prompte mort, afin d'abréger les souffrances du moribond.