(Desmars, Redon et ses environs, 1869, et traditions locales communiquées par le marquis de l'Estourbeillon).
Saint Victor de Campbon passe pour avoir eu des rapports fréquents avec un autre solitaire voisin, saint Laumer, en l'honneur duquel fut élevée une chapelle encore subsistante. Chaque jour ils se rencontraient pour converser et prier, à une fontaine toujours vénérée. On montre le sentier qu'ils suivaient, et tout ce qu'on sème des deux côtés de la voyette, pousse, prétend-on, plus vigoureusement que dans le reste du champ.
(R. Oheix, Bretagne et Bretons, p. 53).
XXII
Saint Roch
Un jour saint Roch se promenait dans la forêt de Bosquen; un homme de la Ville-Heu[3] le rencontra, qui avait son petit chien auprès de lui. Il avait l'air si malheureux que le bonhomme l'invita à venir chez lui.
Le saint accepta, et il se plut tant dans ce pays, qu'il voulut s'y faire bâtir une petite maison. Mais les maçons ne trouvaient point d'eau aux environs, ce qui les incommodait beaucoup, car pour faire du mortier ils étaient obligés d'aller en chercher à plus d'une demi-lieue. Saint Roch eut pitié d'eux, et il fit jaillir une source auprès de leur chantier; elle tarit quand les travaux furent terminés, et alors il dit aux maçons qui il était.
Depuis ce temps, saint Roch est fêté tous les ans dans la chapelle qui porte son nom. Il a la vertu de guérir la dyssenterie. Lorsque dernièrement une épidémie se déclara à Langourla, beaucoup de gens allèrent se recommander à sa chapelle.
(Conté en 1884 par J. M. Comault, du Gouray).