Saint Roch, ou saint Ro', est un saint très populaire en Haute-Bretagne; nombre de chapelles sont placées sous son invocation; voici deux autres récits où il figure:

Un jour un pauvre voyageur, les habits en lambeaux et couvert de poussière, s'arrêta dans le village de la Baillerie en Chelun et demanda un verre d'eau pour apaiser sa soif. Il n'y en avait pas une goutte à la ferme; mais une femme s'empressa d'en aller chercher à plusieurs kilomètres de là, à la Fontaine d'Anjou, dans la Mayenne. Après s'être désaltéré, le voyageur, voulant remercier la paysanne de son acte charitable, piqua la terre de l'extrémité de son bâton, et une source intarissable jaillit aussitôt. Ce voyageur était saint Roch.

(P. Bézier, Inventaire, p. 130-1).

Jadis on alla chercher la statue de saint Roch et on la plaça dans l'église du Gouray; mais peu de temps après les prêtres et la plupart des habitants furent atteints de dyssenterie: on comprit que le saint voulait être dans sa chapelle; dès qu'il y fut, la maladie cessa.

Un jour un habitant d'une paroisse voisine du Gouray rencontra un de ses amis qui allait au pardon de saint Roch, et il lui donna deux sous pour les remettre comme offrande en son nom, parce qu'il les lui avait promis étant malade. L'ami s'amusa bien au pardon, et but un bon coup; au moment de partir, il se ressouvint des deux sous de son camarade, et il alla à la chapelle, où il les jeta à saint Roch en disant: «Tiens, saint Roch, voilà pour le derrière de X.» En s'en retournant, il fut atteint de dyssenterie, et il ne fut guéri qu'après être retourné faire un pèlerinage à la chapelle du saint auquel il avait mal parlé.

(Conté en 1892 par Ange Rault, de Saint-Glen.)

Il y a une fontaine miraculeuse auprès de la chapelle de saint Roch; la statue de saint Fiacre est dans cette chapelle; quand on va quêter, on demande toujours pour saint Fiacre et pour saint Roch.

On affirme dans plusieurs pays que le choléra et les autres épidémies de même nature ne peuvent régner dans les paroisses qui ont une chapelle dédiée à saint Roch. Ogée dit que vers la fin du XVIIe siècle, Dinan ayant été affligée de la peste, le corps politique, se voua à saint Roch, jusqu'à la Révolution, il se fit tous les ans une procession suivie d'une messe à l'autel de ce patron en l'église Saint-Sauveur. Dans beaucoup d'églises on voit saint Roch en costume de pèlerin, montrant une plaie à sa jambe; à côté de lui est son chien fidèle.

XXIII

La fontaine du pas de saint