—Je ne saurais épouser personne, mon bonhomme, et j'vous l'dis sans feinte, car sans ça j's'rais la vot', ben sûr:... vous m'plaisez ben, m'est avis; aussi pour vous consoler, j'vous donne gage de vous accorder tout c'que vous me d'manderez.
(Dr Focquet. Bulletins de la Société polymathique du Morbihan, 1860-61, p. 127).
Cette courte légende sert à un conteur à expliquer la dévotion particulière des gens de Saint-Martin pour Notre-Dame du Pont d'Ars, à qui ils vont processionnellement demander la cessation de la pluie.
XLV
La cane de sainte Brigitte
Il était une fois une princesse qui s'appelait Brigitte, et elle avait douze enfants. Pendant qu'elle voyageait avec eux sur mer, le navire qui les portait fit naufrage, et la princesse, se voyant sur le point de périr, invoqua sainte Brigitte et la supplia de la sauver ainsi que sa famille. La sainte exauça sa prière et ils furent changés en cane et en canetons.
Ils gagnèrent facilement la terre ferme, et, quand ils furent sur le rivage, sainte Brigitte leur apparut et leur dit qu'elle ne pourrait leur rendre leur forme première qu'au bout d'un certain temps: jusque-là ils devaient se rendre en pèlerinage à sa chapelle le jour de l'assemblée et le jour des Rogations, pour demander à Dieu le pardon de tous leurs péchés.
Lorsque leur pénitence fut terminée, sainte Brigitte put leur faire reprendre la forme humaine, et c'est depuis cette époque que l'on ne voit plus venir à sa chapelle la cane et ses douze canetons.
(Conté en 1897, par François Marquer, de Saint-Cast).
Il était une fois une princesse que poursuivait un méchant capitaine qui en voulait à son honneur. Sur le point d'être atteinte par lui, elle se jeta à la mer, et elle allait périr, quand elle invoqua sainte Brigitte, sa patronne. Sa prière fut exaucée, et elle fut à l'instant changée en cane, de sorte qu'il lui fut facile de s'éloigner en nageant.