[8 ] Histoire de ma vie, 3e partie, VIII.

[9 ] N'est-ce pas ainsi que Renan a composé sa vie de Jésus?

[10 ] A comparer, pour l'inconsistance et l'évanouissement progressif de l'idéal rêvé, ces vers de la Ctesse Mathieu de Noailles.

Le visage de ceux qu'on n'aime pas encor
Apparaît quelquefois aux fenêtres des rêves
Et va s'illuminant sur de pâles décors
Dans un argentement de lune qui se lève.

Ils ont des gestes lents, doux et silencieux,
Notre vie uniment vers leur attente afflue:
Il semble que les corps s'unissent par les jeux
Et que les âmes sont des pages qu'on a lues.

Ce sont des frôlements dont on ne peut guérir,
Où l'on se sent le cœur trop las pour se défendre,
Où l'âme est triste ainsi qu'an moment de mourir;
Ce sont des unions lamentables et tendres...

Et ceux-là resteront quand le rêve aura fui
Mystérieusement les élus du mensonge,
Ceux à qui nous aurons, dans le secret des nuits,
Offert nos lèvres d'ombre, ouvert nos bras de songe.
Le cœur innombrable.

On trouverait, dans ce même recueil poétique, de beaux exemples de la poésie des objets familiers, qui, pour les âmes prosaïques, restent vulgaires.

[11 ] A signaler dans Chateaubriand cette épithète significative d'imaginaires, appliquée aux lointains. «L'arbre décrépit se rompt; il tombe. Les forêts mugissent; mille voix s'élèvent. Bientôt les, bruits s'affaiblissent; ils meurent dans des lointains presque imaginaires: le silence envahit de nouveau le désert.» Journal de voyage.

[12 ] Contes du lundi, Le caravansérail.