affectionne les contrastes entre les choses qu'il dit et la façon dont il les dit; il est volontiers cynique et brutal; il attache bout à bout la poésie la plus haute à des objets obscènes ou immondes, comme un brillant bouquet de plumes de paon à la queue d'un porc; enfin il prend, dans sa manière d'écrire, exactement le contrepied du précepte de Buffon, évite les ternies généraux qui ont de la noblesse, et recherche la familiarité pittoresque et le détail précis qui anéantissent le sérieux.

Comment ramener à un principe unique cette extrême diversité d'éléments contradictoires et incohérents en apparence? Où est la source, l'idée mère, la cause génératrice de ce talent si bizarre? Quelle est, en un mot, la philosophie de l'humour? C'est ce que je me propose de chercher dans le chapitre qui va suivre.


[1] Revue critique, 1er janvier 1870.

[2] Revue des Deux Mondes, 15 juin 1865.

[3] Voy. pages [164] et suiv.

[4] Frankreich und die Franzosen in der zweiten Hœlfte des XIXten Jahrhunderts.

[5] Much vexed by this reflexion, Mr. Squeers looked at the little boy to see whether he was doing any thing he could beat him for: as he happened not to be doing any thing at all, he merely boxed his ears, and told him not to do it again.

[6] On ne peut trop multiplier les exemples quand ils sont significatifs et piquants. Citons encore une plaisanterie où éclate bien ce caractère d'impossibilité logique et d'absurdité infinie. Dans une fantaisie charmante de M. Eugène Chavette, Aimé de son concierge, un personnage se vante de ressembler à Henri IV; un autre, voulant flatter sa manie, lui dit: «Serait-il quelqu'un qui osât nier votre ressemblance parfaite avec ce souverain!... Quand vous êtes entré tout à l'heure, j'ai cru que c'était Henri IV, le vert galant, qui venait me voir. J'ai regardé si la belle Gabrielle ne vous suivait pas... C'est même à dire que de vous et de Henri IV, c'est encore vous le plus ressemblant!»