PISTHÉTÉRUS.—Attends que j'aie mis mon silphium.

HERCULE.—Qu'est-ce que ces viandes?

PISTHÉTÉRUS.—Ce sont des oiseaux punis de mort pour avoir attaqué les amis du peuple.

HERCULE.—Et tu les assaisonnes avant que de nous répondre?

PISTHÉTÉRUS.—Ah! Hercule, salut! Qu'y a-t-il?

HERCULE.—Les dieux nous envoient ici en ambassade pour traiter de la paix... Nous n'avons pas intérêt à vous faire la guerre; pour vous, soyez nos amis, et nous promettons que vous aurez toujours de l'eau de pluie dans vos citernes et la plus douce température. Nous sommes, à cet égard, munis de pleins pouvoirs.

PISTHÉTÉRUS.—Nous n'avons jamais été les agresseurs; et, aujourd'hui encore, nous sommes disposés à la paix selon votre désir, pourvu que vous accédiez à une condition équitable; c'est que Jupiter rendra le sceptre aux oiseaux. Cette convention faite, j'invite les ambassadeurs à dîner.

HERCULE.—Cela me suffit, je vote pour la paix.

NEPTUNE.—Malheureux! Tu n'es qu'un idiot et un goinfre. Veux-tu donc détrôner ton père?

PISTHÉTÉRUS.—Quelle erreur! Mais les dieux seront bien plus puissants, si les oiseaux gouvernent la terre. Maintenant les mortels, cachés sous les nues, échappent à vos regards et parjurent votre nom; mais si vous aviez les oiseaux pour alliés, qu'un homme, après avoir juré par le corbeau et par Jupiter, ne tienne pas son serment, le corbeau s'abat sur lui à l'improviste et lui crève l'œil.