[41]: M. Quinet exprimait son admiration pour le spectacle qu'offrait «le palais du Roi, écorché par la mitraille et gardé par des chapeaux ronds». (Lettre d'août 1830.) Carrel écrira, quelques mois plus tard: «Jamais monarque ne s'entourera d'une garde plus martiale et plus imposante que cette bande déguenillée qui fournissait les factionnaires du Palais-Royal, dans les premiers jours d'août, et que tant de poignées de main historiques accablèrent.» (National, 18 juin 1831.)

[42]: L'évacuation ne devait pas, en effet, être une petite affaire. Il fallut trouver des missions, des emplois, des épaulettes à distribuer entre ces protecteurs obstinés.

[43]: Quatre ans plus tard, La Fayette a voulu contester ce propos; mais les témoignages contemporains ne permettent guère de tenir compte de ce démenti.

[44]: Souvenirs du feu duc de Broglie.

[45]: Aujourd'hui, les écrivains sérieux sont bien revenus des vieilles déclamations contre les traités de 1815. Signalons sur ce point l'étude si décisive d'un de nos historiens diplomatiques les plus compétents, M. Albert Sorel: le Traité de Paris du 20 novembre 1815.

[46]: Mémoires de Metternich, t. V, p. 195.

[47]: Ce fait est constaté notamment dans la correspondance de lord Palmerston, qui était venu à Paris en 1829. (Life of Palmerston, par Bulwer.)

[48]: Le duc de Richelieu avait dit, en 1815, à son pays, dans un langage plus patriotique que les déclamations belliqueuses de ceux qui se disaient «patriotes»: «Le plus grand de nos maux est d'être encore, malgré nos disgrâces, un objet de défiance et de crainte.» Il rappelait à la France qu'elle avait «provoqué des vengeances, allumé des ressentiments que le temps, qu'une grande modération, qu'une persévérante et invariable prudence, pouvaient seuls parvenir à calmer». Ce sont ces craintes et ces ressentiments que la révolution de 1830 avait aussitôt ranimés.

[49]: M. de Metternich écrivait le 6 octobre 1830: «L'influence extraordinaire que la révolution de Juillet a exercée sur les esprits, bien au delà des frontières de France, est démontrée par des faits journaliers. Cette influence est, par plus d'une raison, bien autrement décisive que ne le fut celle de la révolution de 1789.» Plus tard, il disait que cette révolution avait «produit sur l'Europe l'effet de la rupture d'une digue». (Mémoires de Metternich, t. V, p. 52 et 195.)

[50]: M. de Metternich lui-même déclarait avoir quitté le comte de Nesselrode avec le sentiment de «l'avoir plutôt battu que convaincu». Il ajoutait que les «questions sur lesquelles il l'avait trouvé encore livré à de funestes préjugés étaient celles relatives à la France.» (Mémoires de Metternich, t. V, p. 62.)