[101]: Madame de Dino, nièce de l'ambassadeur, et qui faisait auprès de lui office de maîtresse de maison, écrivait, le 27 octobre 1830: «Nos dîners ont du succès ici; ils font époque dans la gastronomie de Londres; mais c'est ruineux, et M. de Talleyrand est effrayé de la dépense.»
[102]: Dès l'origine, M. de Talleyrand avait pris, à l'égard du gouvernement nouveau, cette attitude de protecteur quelque peu indépendant. Pendant les journées de Juillet, il avait envoyé un agent officieux à M. de Metternich et lui avait fait dire: «Nous deux réunis, nous maintiendrons la paix contre les anarchistes en France et contre les perturbateurs à l'étranger. Vous lui direz de ma part que je me porte personnellement garant envers lui des intentions toutes pacifiques du duc d'Orléans et de la nouvelle monarchie qui se prépare». (Mémoires de M. de Klindworth, Revue de France du 1er septembre 1880.)
[103]: Témoin le discours prononcé par le Roi, le 2 novembre, à l'ouverture du Parlement.
[104]: Dépêche du baron Mortier à M. Molé, en date du 11 octobre 1830.
[105]: Mémoires de M. de Metternich, t. V, p. 44 et 46.
[106]: Ce propos était rapporté, quelques semaines plus tard, par un diplomate sarde qui en affirmait l'authenticité. (Hillebrand, Geschichte Frankreichs, 1830-1870, t. I, p. 148.)
[107]: Mémoires de M. de Metternich, t. V, p. 42.
[108]: Dépêches de l'envoyé sarde à Vienne. (Hillebrand, Geschichte Frankreichs, 1830-1870, t. I, p. 147 et 148.)
[109]: Il y aurait bien des réserves à faire sur l'assertion tant de fois répétée que l'annexion à la France était alors désirée en Belgique. Un peu plus tard, le 27 janvier 1831, M. Mauguin ayant affirmé à la tribune du Palais-Bourbon que «la Belgique voulait se réunir à la France», le général Sébastiani, ministre des affaires étrangères, répondit que «la Belgique ne s'était jamais offerte». Sans doute, ajoutait-il, les Belges qui avaient exprimé le désir de cette union «étaient les interprètes d'un grand nombre de leurs compatriotes, mais ils n'étaient pas les organes de la nation; la Belgique, qu'on vous présente comme unanime, est, sur cette question, comme sur beaucoup d'autres, divisée en plusieurs partis». Quelques jours après, dans le congrès belge, des protestations très-vives s'élevèrent contre l'idée qu'on paraissait se faire en France d'une Belgique «s'offrant» à sa puissante voisine. On y fit remarquer que presque tous les journaux belges avaient combattu l'union, et qu'à peine deux ou trois orateurs l'avaient soutenue dans la représentation nationale. Tel était l'état d'esprit dans le congrès que ceux mêmes qui, comme M. Gendebien, passaient pour être le plus amis de la France, crurent devoir se défendre d'avoir jamais pensé à l'annexion et se firent au contraire honneur d'avoir combattu les prétentions qui s'étaient manifestées à Paris. Quant à M. de Gerlache, le chef du parti catholique, il s'écria: «Si nous voulons être stigmatisés aux yeux de l'Europe entière, réunissons-nous à la France!» (Cf. sur cette discussion du congrès belge l'ouvrage de M. Juste, le Congrès national de Belgique, t. I, p. 242 à 244.)
[110]: «Je dis toujours: Dans le doute, abstiens-toi», écrivait alors le Roi à M. Guizot, dans une lettre intime.