[136]: Journal des Débats, 15 mai 1832.

[137]: Le Roi, a dit M. Guizot, «manifestait trop d'avis et de désirs dans de petites questions et de petites affaires qui ne méritaient pas son intervention. L'indifférence et le silence sont souvent d'utiles et convenables habiletés royales; Louis-Philippe n'en faisait pas assez d'usage.» C'est ce qui faisait dire à Béranger avec plus de méchanceté que de vérité: «Le Roi veut goûter à toutes les sauces et fait tourner toutes celles où il trempe le bout du doigt.»

[138]: À cette époque même, en juin 1832, le Roi, causant avec les chefs de la gauche, ne trahissait-il pas son regret, quand il leur disait: «Un roi constitutionnel ne peut malheureusement pas s'expliquer à la tribune: je ne puis faire connaître personnellement mes sentiments que quand je voyage, et vous aurez remarqué que je ne laisse jamais échapper ces occasions sans en profiter.» (Mémoires d'Odilon Barrot, t. I, p. 610.)

[139]: Il ne convient d'accueillir qu'avec méfiance l'assertion de M. Odilon Barrot qui prétend qu'à la nouvelle de la mort de Périer, le Roi se serait contenté de cette froide réflexion: «Est-ce un bien? est-ce un mal?...»

[140]: M. Guizot raconte, à ce propos, dans ses Mémoires (t. II, p. 329): «Peu de jours après la mort de M. Casimir Périer, j'étais aux Tuileries, dans le salon de la Reine; un membre de la Chambre des députés, homme de sens et très-dévoué au Roi, dit à l'un des officiers intimes de la Cour: «Quel fléau que le choléra, monsieur, et quelle perte que celle de M. Périer!—Oui, certainement, monsieur; et la fille de M. Molé, cette pauvre madame de Champlâtreux!» Comme pour atténuer, en le comparant à une douleur très-légitime, mais purement de famille, le deuil public pour la mort d'un grand ministre. Je ne doute pas que, si le roi Louis-Philippe eût entendu ce propos, il n'en eût senti l'inconvenance; mais les serviteurs ont des empressements qui vont fort au delà des désirs des rois, et celui-là croyait plaire en repoussant M. Casimir Périer dans la foule des morts que le choléra avait frappés.»

[141]: Lors du second ministère, M. Laffitte avait le titre de président du Conseil; mais son indolence laissait grande place à l'action et à la prépondérance royales.

[142]: Journal des Débats du 17 mai 1832.

[143]: Mémoires du général de Ségur, t. VII.

[144]: Sur cette agitation, cf. l'Histoire des sociétés secrètes et du parti républicain de 1830 à 1848, par Lucien de la Hodde. Ce dernier, membre actif des sociétés révolutionnaires pendant toute la monarchie de Juillet, rédacteur des journaux d'extrême gauche, était en réalité un habile et précieux agent de la police secrète. Quand Caussidière, lui-même ancien conspirateur, arriva à la préfecture de police en 1848, il découvrit le rôle joué par son camarade. Il réunit alors seize de ses amis chez Albert, au Luxembourg; de la Hodde avait été convoqué. Caussidière invita la réunion à se constituer en tribunal secret pour juger un traître, dénonça de la Hodde, et lui donnant à choisir entre un pistolet armé ou un verre de poison, le somma tragiquement de se donner la mort. L'ancien agent de la police s'y refusa. On n'osa le tuer, et Caussidière dut se contenter de le mettre arbitrairement au secret dans la prison de la Conciergerie. De la Hodde ne recouvra sa liberté qu'à la chute de Caussidière. Il publia son Histoire des sociétés secrètes en 1850.

[145]: Voici quelques fragments qui donneront une idée de ce document: «...Lors de la discussion de la liste civile, nous avons cru que la royauté nouvelle avait d'autres conditions de force et d'existence que le luxe et la corruption des vieilles monarchies...—Deux systèmes étaient présentés pour l'organisation de l'armée: l'un, qui demandait une puissante réserve composée de la garde nationale et des soldats libérés du service, aurait permis de diminuer la force et les dépenses de l'armée permanente.... Ce système, plus économique, plus favorable à la fusion de la garde nationale et de l'armée, était le nôtre...—Le gouvernement, abusé par de funestes doctrines et d'injustes préventions, n'a vu d'ennemis que dans ceux qui avaient combattu pour le fonder...—C'est la rougeur sur le front que nous avons entendu les agents du gouvernement parler de la crainte de déplaire aux cabinets étrangers; nous croyions que la France était à jamais affranchie de cette humiliante influence... Après le renversement d'une dynastie imposée par la Sainte-Alliance, le gouvernement devait surveiller avec inquiétude les mouvements des monarques étrangers. Il ne devait pas leur permettre surtout d'étendre et d'augmenter leur puissance... Et cependant, malgré ses promesses formelles, il a abandonné l'Italie à la domination de l'Autriche, et il a laissé périr la Pologne, cette Pologne que nous pouvions secourir, quoi qu'on en ait dit à la tribune, et que notre devoir était de sauver, etc., etc.»