[156]: Louis Blanc, Histoire de dix ans, t. III, p. 286.
[157]: On trouve notamment le texte de ce procès-verbal dans les Mémoires de M. Odilon Barrot, t. I, p. 596 à 612.
[158]: C'est ainsi qu'on eût préféré ne pas le voir chercher à se faire une sorte de popularité libérale aux dépens de ses conseillers, notamment de Casimir Périer. «Dans le conseil des ministres dont on veut me tenir éloigné, disait le Roi, ce n'est certainement pas par mon influence qu'on prendra des déterminations illibérales. Ce matin, par exemple, il y avait des avis pour la mise en état de siége, et je m'y suis formellement opposé.» Cette déclaration était d'autant plus fâcheuse que, le lendemain, le ministère décidait cette mise en état de siége: on verra quelles polémiques et quelles difficultés devaient en résulter. Louis-Philippe se vantait également de s'être «opposé aux mesures d'exception, que Périer lui proposait souvent quand il était dans ces accès de colère qui, ajoutait-il, nous ont nui plusieurs fois». À un autre moment, il disait «n'avoir jamais deviné par quel caprice Périer s'était opposé obstinément» à une démarche demandée par M. Arago.
[159]: «Dès mon arrivée au trône, disait le Roi, j'adoptai une marche qui me parut bonne, qui me semble bonne encore aujourd'hui. Prouvez-moi que je me trompe, et je changerai. Jusque-là, je dois persister; je suis un homme de conscience et de conviction. On me hacherait comme chair à pâté dans un mortier, plutôt que de m'entraîner dans une voie dont on ne m'aurait pas démontré la convenance. Ce ne sont pas là les influences de ce prétendu entourage dont on parle tant. Je vous le dis avec franchise, un entourage, je ne m'en connais point. Peut-être est-ce l'effet de mon amour-propre, mais je crois pouvoir ajouter que personne n'a pris sur moi un ascendant qui, dans les grandes ou même dans les petites affaires, me soumette à ses volontés. Mon système de gouvernement, je le répète, me paraît excellent; je n'en changerai point, tant que vous ne m'aurez point prouvé qu'il est mauvais.» Et plus loin, dans le même ordre d'idées, le Roi prononçait, au sujet de Casimir Périer, des paroles que nous avons déjà citées.
[160]: La pensée de ce rapprochement entre les journées de juillet 1830 et celles de juin 1832 préoccupait alors tous les esprits. M. Guizot écrivait, le 14 juin, au duc de Broglie: «La parodie de la révolution de Juillet est jouée et tombée. Rien n'y a manqué: l'adresse des 221 sous le nom de Compte rendu, etc.» (Papiers inédits.)
[161]: Lettre de madame G*** à M. le duc de Broglie. (Papiers inédits.)
[162]: Les grands journaux légitimistes étaient déjà très-violents. Mais ce n'était rien à côté des petites feuilles satiriques d'extrême droite telles que le Bridoison ou les Cancans. La lecture en est singulièrement répugnante. Pour en avoir une idée, voyez les citations faites par M. Giraudeau, dans son livre sur la Presse périodique de 1789 à 1867, p. 76 à 87.
[163]: Cf. passim, discours à la Chambre des pairs, 7 août 1830; De la Restauration et de la Monarchie élective (1831); De la nouvelle proposition relative au bannissement de Charles X et de sa famille (1831); lettre à la duchesse de Berry (1832); lettre à Béranger (1832), etc., etc.
[164]: Il faut croire que cette tactique est la tentation naturelle de tout parti dans la situation des légitimistes après 1830; car les «cavaliers» anglais n'avaient pas agi autrement au dix-septième siècle. Lamartine cite à ce propos, dans une lettre à M. de Virieu, ce passage de Burnet: «Les cavaliers vaincus se firent les plus logiques des républicains. Personne ne poussait aussi loin qu'eux les conséquences de la révolution, et, quand on leur demandait pourquoi ils proclamaient, d'une façon si absolue, des principes contradictoires à leur ancienne nature, ils répondaient: «Nous avions une logique pour la monarchie, nous en avons une pour la république; elle est sincère; nous voulons l'extension indéfinie des principes que le pays a adoptés.» La restauration ayant eu lieu, ils revinrent à leurs anciens principes, mais ils avaient perdu toute autorité pour les faire de nouveau prévaloir. On leur opposait leurs paroles récentes, et de là vint le discrédit où ils tombèrent justement et la chute définitive de la dynastie.»
[165]: Gazette de France du 10 août 1830.