[246]: Lettre du 18 décembre. (Documents inédits.)

[247]: «À moins d'être aveugle ou sourd, disait le Journal des Débats, il faut bien reconnaître que le Roi n'a d'autre privilége que celui d'être injurié, outragé, calomnié de préférence à tout autre. S'il y a une ignoble plaisanterie à faire, sur qui tombe-t-elle? Sur le Roi. Qui désigne-t-on à la haine et aux vengeances du peuple? Le Roi. Qui arrache le pain à la misère, le vêtement à la nudité, la liberté à tous? Le Roi. Qui représente-t-on, sous les formes les plus grotesques ou les plus odieuses, à tous les coins de rue, sur tous les carreaux des boutiques, partout où s'arrêtent les oisifs? Le Roi... Le Roi, en un mot, est l'ennemi public.» (14 décembre 1833.)

[248]: Louis Blanc, Histoire de dix ans, t. IV, ch. II.

[249]: En 1841, à l'une de ces fêtes, un plaisant avait inscrit ce quatrain sur un transparent:

L'émeute est tour à tour défendue et permise;
Le gouvernement de Juillet,
Selon les temps, les lieux, et surtout l'intérêt,
La canonne ou la canonise.

[250]: Bientôt le gouvernement n'aspirera plus qu'à se débarrasser de ce gênant anniversaire; et Henri Heine écrira, par exemple, le 25 juillet 1840, à un journal allemand: «Vraiment nous sommes très-inquiétés par l'approche des Journées de Juillet, qui seront célébrées cette année avec une pompe toute particulière, mais, comme on pense, pour la dernière fois; le gouvernement ne peut pas, chaque année, se charger d'un pareil fardeau de terreurs.» (Lutèce, p. 97.)

[251]: Articles des 11, 13, 24, 25 juillet 1833.

[252]: La duchesse de Dino écrivait à ce propos à M. de Barante, le 3 août 1833: «De loin, je n'ai pu trop me faire à l'idée de cette scène de la place Vendôme, où mon petit ami Thiers a paru en tambour-major, où, pour la plus grande gloire de tous, on a crié à la fois: «Vive le Roi! Vive l'Empereur! Vive la Révolution!» (Documents inédits.)

[253]: Voici quelques extraits des publications faites alors par la Société des Droits de l'homme: «Nous avons bien moins en vue un changement politique qu'une refonte sociale. L'extension des droits politiques, le suffrage universel peuvent être d'excellentes choses, mais comme moyens seulement, non comme but. Ce qui est notre but, à nous, c'est la répartition égale des charges et des bénéfices de la société...»—«Sur trente-deux millions d'habitants, la France renferme cinq cent mille sybarites, un million d'esclaves heureux, et trente et un millions d'ilotes, de parias... Dites-leur que la monarchie n'est capable que de déplacer le bonheur et les souffrances, mais que la république seule peut tarir la source de celles-ci et rendre à chaque individu sa part de jouissances et de félicités...» D'autres fois, c'est une invitation brûlante «à extirper, jusque dans ses fondements même, l'aristocratie qui s'est reformée sous la dénomination de bourgeoisie».—«Ce que nous voulons, c'est l'égale somme de bien-être pour tous; le seul gouvernement qui puisse remplir cette condition, c'est le gouvernement du peuple par le peuple, c'est la république: avec elle, nivellement des fortunes, nivellement des conditions.»—«C'est le peuple qui garde et cultive le sol, écrivait M. Vignerte dans une lettre à Carrel; c'est lui qui féconde le commerce et l'industrie; c'est lui qui crée toutes les richesses: à lui donc appartient le droit d'organiser la propriété, de faire l'égale répartition des charges et des jouissances sociales.»—Enfin M. Charles Teste rédigeait un projet de constitution fondé sur le pur collectivisme.

[254]: Ce manifeste fut publié par la Tribune, le 23 octobre 1833.