[253]: Lorsque M. Dupin, qui, par haine des doctrinaires, s'employait à faire réussir la combinaison Molé, vint plaider, auprès du Roi, l'abandon de la loi d'apanage, il se heurta tout d'abord à une vive résistance. Louis-Philippe lui dit ne pas attacher d'importance à ce que sa famille eût plus ou moins de biens et de revenus, mais tenir, comme père et comme souverain, au principe que l'État devait doter et apanager ses enfants. Il permit toutefois à M. Dupin de voir le duc de Nemours; celui-ci, avec la promptitude fière de son désintéressement, déclara aussitôt que personnellement il «désirait» le retrait de la loi. Alors seulement le Roi céda. (Mémoires de M. Dupin, t. III, p. 279 à 281.)
[254]: C'est M. de Sainte-Aulaire qui a parlé, à ce propos, de «ces princes de la tribune, de ces grands vassaux du gouvernement représentatif, qui se croient un droit acquis à diriger les affaires du pays et s'indignent qu'on ose contester leur légitimité». (Mémoires inédits.)
[255]: Notes inédites de Duvergier de Hauranne.
[256]: C'est dans ce sens que M. de Metternich écrivait alors à M. de Sainte-Aulaire: «Je suis à la lettre au bout de mon latin, et, s'il m'en reste un souvenir, il me conduit à la supposition que le Roi pourrait bien ne pas être fâché de voir les notabilités fournir à la France la preuve qu'elles ne savent pas se former en un corps suffisamment compacte pour représenter un cabinet, et bien moins encore pour en être un. Le Roi finira par nommer son monde.» (Mémoires de M. de Metternich, t. VI, p. 197.)
[257]: Le Journal de Paris, doctrinaire, racontait, à propos du nouveau cabinet, l'apologue suivant: «On sait qu'en 1814, les officiers éprouvés et vieillis dans les camps furent remplacés par des jeunes gens fraîchement sortis du collége et qui portaient leurs épaulettes pour la première fois. «Que pensez-vous de vos nouveaux officiers? demandait-on à un vieux soldat.—Ils sont bien gentils, et nous en sommes contents.—Oui, mais s'il y avait la guerre?—S'il y avait la guerre!... Oh! alors on nous rendrait les anciens.»
[258]: Quelques jours après, au cours de la discussion, M. Duvergier de Hauranne résumait ainsi les sentiments de la commission: «Elle est loin de penser que la politique du 13 mars ait fait son temps, et qu'il convienne de la remplacer par une autre politique qui tourne les difficultés au lieu de les aborder de front; elle pense que le moment n'est pas venu de traiter les lois de sûreté comme de vieilles armes qu'on met en magasin pendant la paix et que l'on conserve à condition de ne pas s'en servir; elle est profondément convaincue que la conciliation désirée par tout le monde doit être le résultat de la fermeté, et non de la faiblesse; de la persévérance, et non de la mobilité; d'une conduite droite et franche, et non d'une conduite équivoque et tortueuse.»
[259]: «M. Guizot, écrit un membre de cette majorité, venait d'expliquer et d'idéaliser tout son passé, tout son présent, le nôtre en même temps.» (Notes inédites de Duvergier de Hauranne.)
[260]: On criait ironiquement au ministère, dans les journaux: «Les coups se portent par-dessus votre tête; pour les éviter, baissez-la.»
[261]: La première fois qu'il prit la parole dans ce débat, M. Molé s'excusa en disant qu'il sortait de son lit.
[262]: Plus tard, quand sera fixé le système de construction et d'exploitation de nos chemins de fer, nous reviendrons, avec quelques détails, sur les tâtonnements du début.