[26]: «Guizot se plaint de ce que Thiers aurait cherché à séparer Broglie de lui.» Lettre du duc Decazes à M. de Barante, du 12 mai 1838. (Documents inédits.)
[27]: Lettre de la duchesse de Dino à M. de Barante, 28 février 1836. (Documents inédits.)
[28]: Séance du 16 mars 1836.
[29]: C'est ce qui faisait dire à M. Thiers: «Mes anciens collègues sont mieux pour moi que leurs amis. Ceux-ci sont aigres et tracassiers.» Lettre particulière à M. de Barante, 15 avril 1836. (Documents inédits.)
[30]: Pendant la crise qui avait précédé la formation du ministère, M. Thiers avait témoigné de sa rivalité jalouse à l'égard de M. Guizot, et celui-ci y avait été sensible. Un incident, entre autres, l'avait particulièrement irrité. Au moment où le ministère Dupin paraissait fait, la question de la présidence de la Chambre s'était trouvée posée, et le nom de M. Guizot avait été prononcé. M. Thiers sembla d'abord admettre cette candidature, disant que quant à lui, il n'était pas fait pour ce poste. Mais, dès le lendemain, poussé par son entourage et soucieux de ne pas laisser arriver M. Guizot avant lui, il fit poser sa candidature par ses amis, sans même en avertir les doctrinaires: «C'est moi, disait-il, qui dois être le chef du ministère prochain: il faut donc que la Chambre, en m'investissant d'avance de sa confiance, me désigne elle-même au choix du Roi. Nommer Guizot plutôt que moi, ce serait le faire premier ministre, et je ne dois pas le souffrir.» M. Guizot ne voulut pas lutter, mais il fut blessé et s'en exprima avec beaucoup d'amertume. En fin de compte, M. Dupin ayant refusé le ministère et gardé la présidence, la question se trouva supprimée, mais le ressentiment n'en subsista pas moins. (Notes inédites de M. Duvergier de Hauranne.)
[31]: 10 juin 1836.
[32]: Nous lisons, à la date du 12 mai 1836, dans le journal de M. de Viel-Castel: «M. Thiers, dont l'esprit mobile accepte, avec une facilité surprenante, toutes les impressions qu'on essaye de produire sur sa vive imagination, est, en ce moment, saisi d'un véritable enthousiasme pour Alger. Au fond, il connaît très-peu la question. Mais on lui a monté la tête... Il trouve que jusqu'à présent, les affaires d'Alger ont été très-mal conduites; il veut désormais se charger de les diriger.» M. Guizot écrivait de son côté à M. de Barante, à la date du 14 juin: «Thiers a eu un moment l'esprit très-échauffé sur l'Afrique et quelque vague désir de faire là, en personne peut-être, une seconde expédition d'Égypte.» (Documents inédits.)
[33]: Journal inédit de M. le baron de Viel-Castel.
[34]: La Revue des Deux Mondes prétendant faire, en 1837, le dénombrement des doctrinaires, membres de la Chambre des députés, n'en comptait que treize: MM. Guizot, Duchâtel, Duvergier de Hauranne, Dumon, d'Haubersaert, Guizard, Janvier, Jaubert, Piscatory, de Rémusat, Renouard, Vitet, Saint-Marc Girardin. Encore ce dernier ne nous paraît-il pas pouvoir être compris dans ce groupe. Par contre, on eût pu ajouter d'autres personnages ne faisant pas partie de la Chambre des députés, comme le duc de Broglie.
[35]: Journal inédit de M. de Viel-Castel, 23 juin 1836.