[36]: Lettres de M. Guizot à sa famille et à ses amis, recueillies par madame de Witt, p. 160.
[37]: Non-seulement M. Thiers avait combattu à la tribune la conversion, quand il faisait partie du ministère du 11 octobre; mais, ce ministère une fois dissous, il disait tout haut dans les couloirs de la Chambre: «Maintenant que je ne suis plus ministre, je pourrai du moins dire tout ce que je pense de cette absurde conversion. Croyez-moi, c'est la mesure la plus inepte, la plus folle, la plus funeste qu'on puisse imaginer.» (Notes inédites de M. Duvergier de Hauranne.)
[38]: Séances du 21 et du 22 mars 1836.
[39]: Cette loi stipulait que toutes les maisons de jeu seraient fermées le 1er janvier 1838. Le 31 décembre 1837, les habitués furent donc prévenus que les jeux s'arrêteraient à minuit précis. Ils se pressèrent nombreux à cette suprême veillée de la roulette. Le jeu continua jusqu'à la dernière seconde, avec une intensité fiévreuse. Un ouvrier qui avait perdu tout ce qu'il avait se tua en sortant de l'un des tripots du Palais-Royal. À l'instant fixé par la loi, la police fit évacuer toutes les maisons, et la foule assista, gouailleuse et méprisante, à la dispersion des joueurs et surtout des joueuses.
[40]: Avril et mai 1836.
[41]: Cf. pour les renseignements plus détaillés sur cette question spéciale l'ouvrage de M. Amé sur les Tarifs des douanes.
[42]: Nous avons déjà parlé et nous parlerons encore de la politique financière si honorable et si féconde des dix premières années de la monarchie de Juillet. Quant à la Restauration, quelques chiffres suffiront à donner une idée de ce que fut sa bienfaisante action. Elle trouva, à son début, le crédit de la France en un tel état, qu'elle dut négocier à 52 fr. 50 ses premiers emprunts à 5 pour 100. En 1830, un emprunt à 4 pour 100 était adjugé au-dessus du pair à 102 fr. 7 c. et demi, fait sans analogue dans notre histoire financière. Bien loin d'avoir augmenté la dette que lui avaient imposée les invasions de 1814 et de 1815, elle l'avait réduite d'environ 29 millions de rente, soit de 600 millions en capital, et M. Roy, lors de son dernier passage au ministère des finances, pouvait annoncer, pour un avenir prochain, l'extinction de la dette par le seul jeu de l'amortissement. Elle avait dégrevé la propriété foncière. Enfin les revenus indirects étaient montés de 397 millions à 583. Aussi tous les auteurs spéciaux ont-ils rendu hommage à l'envi, sur ce point, à la vieille monarchie, et l'un des plus compétents, M. Paul Leroy-Beaulieu, a-t-il écrit: «Jamais nos finances n'ont été conduites avec autant de prévoyance, de rigueur, d'honorable et nécessaire parcimonie, que par MM. Louis, Corvetto et de Villèle.»
[43]: Voici, pour les années 1815 à 1819, les chiffres officiels et définitifs des dépenses donnés par le Compte de l'administration des finances pour l'année 1869:
| 1815, | 913 | millions | 1820, | 906 | millions | 1825, | 981 | millions | ||
| 1816, | 1055 | — | 1821, | 908 | — | 1826, | 976 | — | ||
| 1817, | 1189 | — | 1822, | 949 | — | 1827, | 986 | — | ||
| 1818, | 1433 | — | 1823, | 1118 | — | 1828, | 1024 | — | ||
| 1819, | 896 | — | 1824, | 986 | — | 1829, | 1014 | — |
Voici maintenant le chiffre des dépenses de 1830 à 1836: