[53]: Le 31 mars 1848, le premier numéro de la Revue rétrospective publiait un rapport secret, adressé, le 22 octobre 1839, à M. Duchâtel au sujet de la conspiration du 12 mai précédent. Barbès déclara aussitôt que Blanqui seul avait pu écrire ce rapport. Grand scandale dans le monde des clubs. Blanqui se défendit mal. Il paraît aujourd'hui avéré que, soit pour obtenir quelques adoucissements au régime de la détention, soit pour d'autres motifs, ce personnage rendit plusieurs services de ce genre à la police de Louis-Philippe.
[54]: Ces faits sont rapportés par Daniel Stern, dans son Histoire de la révolution de 1848, t. II, p. 5 à 7.
[55]: Cette pièce fut saisie en 1836, dans un logement que Barbès avait occupé à la fin de juillet 1835.
[56]: Louis Blanc a écrit que «Barbès unissait le courage du chevalier au dévouement du martyr», et Proudhon l'a proclamé le «Bayard de la démocratie».
[57]: M. d'Argout, alors ministre des finances, écrivait, quelques jours après, à M. Dupin: «De sinistres avis nous parvenaient de tous côtés. Si nous en arrivait d'Italie, de Suisse, d'Espagne et d'Angleterre, tous concordants et précis. Partout, nos contumaces, des réfugiés polonais et italiens, des gens de la jeune Italie annonçaient un nouvel attentat plus habilement combiné que les précédents, et dont le succès n'était pas mis en doute. La correspondance des départements en disait autant. Ajoutez l'arrivée à Paris d'une multitude de bandits et la découverte des traces de projets plus exécrables les uns que les autres.» (Mémoires de M. Dupin, t. III, p. 216.)
[58]: Dépêche de M. Thiers à M. de Barante, du 4 août 1836. (Documents inédits.)—Un autre ministre, M. d'Argout, dans la lettre où il rendait compte à M. Dupin de ce qui s'était passé, présentait aussi la décision comme ayant été prise en dehors du Roi et même malgré lui. (Mémoires de M. Dupin, t. III, p. 216.)—Cependant M. de Nouvion, ordinairement bien informé, affirme, sans nous dire d'après quel témoignage, que la décision avait été prise par le Roi, mais que le ministère avait résolu de la donner comme sienne, afin d'éviter les commentaires malveillants. (Histoire du règne de Louis-Philippe, t. IV, p. 50.) Cette version nous paraît difficilement conciliable avec le récit fort précis donné, sur le moment même, par M. Thiers.
[59]: Lettre du 3 juillet 1836 à la duchesse de Broglie.
[60]: Dépêche à M. de Barante, du 28 juin 1836.—M. Thiers ajoutait, deux jours plus tard, dans une lettre confidentielle au même M. de Barante: «Le dernier attentat a jeté une sombre tristesse dans les esprits. Cette persévérance du crime, même après Fieschi, cette persévérance atroce et inouïe a pénétré tout le monde d'une singulière anxiété. Elle nous agite surtout, nous gens responsables, qui ne savons guère de nouvelles précautions à prendre ni de mesures efficaces à demander aux Chambres.» (Documents inédits.)
[61]: Documents inédits.
[62]: Ibid.