[597]: M. Charles Greville écrivait sur son journal, à la date du 4 décembre 1840: «Les révélations de secrets officiels et de confidences ont été monstrueuses.» (T. 1er, p. 355.)
[598]: «Je m'honore de l'appui de la gauche, disait M. Thiers; cet appui tenait à ce qu'il y avait de commun entre elle et moi: l'amour pour notre pays et sa révolution. Je ne crains pas de m'appeler révolutionnaire; il n'y a que les parvenus de mauvaise éducation qui ont peur de leur origine; moi je n'ai pas peur de la mienne.»
[599]: Cf. plus haut, p. [378] et [379].
[600]: Mémoires de M. Odilon Barrot, t. Ier, p. 359.
[601]: «Je suis de l'école de l'Empire, s'écriait M. Jaubert; mon père a été tué par un boulet anglais à la bataille d'Aboukir; en 1815, j'ai vu les habits rouges des Anglais dans les Champs-Élysées; je ne l'oublierai jamais.» Puis, parlant des incidents récents, il ajoutait: «Il y a eu outrage; j'attends le jour de la vengeance.»
[602]: Le général Bugeaud fit justice des déclamations sur la guerre révolutionnaire et de la légende des volontaires de 1792. «Il y a beaucoup de gens en France, dit-il, qui sont persuadés qu'il suffit de chanter la Marseillaise pour renverser les armées de l'Europe. J'apprécie beaucoup le chant de la Marseillaise. (On rit.) Mais je crois qu'à lui seul il ne donne pas la victoire. Je trouve très-bien que les combattants chantent la Marseillaise, quelques instants avant le combat, non pendant l'action: ce qu'il faut alors, c'est le silence, c'est l'aplomb. Il faut se méfier des troupes silencieuses et non pas de celles qui crient et qui chantent.»
[603]: En apportant cette nouvelle rédaction, M. Dupin s'exprima ainsi: «Le rédacteur de l'Adresse et la majorité de la commission n'ont pas changé d'opinion; mais, avec les sentiments français qui étaient dans nos cœurs, nous avons été amenés à recueillir les impressions, non pas de nos adversaires, mais de nos amis, et à donner satisfaction à la Chambre, non en changeant les sentiments, mais en leur donnant plus de relief et de saillie.»
[604]: Le Journal des Débats criblait de ses sarcasmes ce fameux plan. «M. Thiers, disait-il, se donne un singulier mérite, et voici ce mérite: sa politique officielle était pacifique, mais sa politique secrète était belliqueuse! Au mois d'octobre, il ne considérait pas le traité de Londres comme une insulte; il l'eût considéré comme une insulte, au mois de mai prochain! Il n'entendait pas s'opposer à l'exécution du traité, il l'a dit et l'a prouvé; mais il voulait le faire modifier, quand il serait pleinement exécuté! Il a abandonné la Syrie aux chances de la guerre; mais, au mois de mai, il eût essayé de la reprendre.» Puis, cessant de railler, il apostrophait ainsi l'ancien ministre du 1er mars: «Non, M. Thiers, vous n'avez pas voulu la guerre. Vous ne l'avez pas plus voulu au mois d'octobre qu'au mois d'août, avec cette résolution sérieuse et calme d'un homme d'État qui a calculé les chances et qui se sent la main assez forte pour diriger les événements... Puis, quand les événements vous ont déçu, vous n'avez plus songé qu'à vous préparer sur les bancs de l'opposition une retraite avantageuse.»
[605]: Journal inédit du baron de Viel-Castel du 10 décembre 1840.
[606]: M. Thiers avait dit, dans son discours du 27 novembre: «Cette presse m'injurie de la manière la plus affreuse. On me fait un homme de presse qui attaque tout le monde avec cet instrument, comme si je n'étais pas la plus grande victime de la presse! (Exclamations et rires au centre.) Messieurs, n'y a-t-il pas des journaux qui me diffament tous les jours de la manière la plus odieuse? Eh bien, je leur accorde une chose: on peut toujours faire souffrir un honnête homme quand on le calomnie; je leur accorde cette triste puissance sur moi... Mais cet honnête homme méprise, il méprise beaucoup, et c'est sa seule vengeance.»