[17]: Lettre à M. Bresson.—M. de Barante ajoutait, peu après, le 6 mai 1839, dans une dépêche à M. de Montebello: «On aime mieux attendre une époque où l'Europe, livrée à d'autres circonstances, ne tiendrait plus, comme aujourd'hui, la puissance russe en observation, en surveillance assidue.» (Documents inédits.)

[18]: Dépêche de M. de Barante à M. Molé, 13 février et 31 mars 1839; lettre du même à M. Bresson, 15 avril 1839. (Documents inédits.)

[19]: M. de Barante écrivait un peu plus tard: «M. de Nesselrode est un de ceux qui disent le moins la vérité à l'Empereur. Son caractère est timide; il aime son repos avant tout. Il est convaincu de l'inutilité d'une contradiction directe; il attend que les premières impressions se calment, se bornant à faire en sorte que la politique de l'Empereur soit suivie avec prudence, sans détermination trop soudaine et trop risquée.» (Lettre à M. Guizot, du 28 mai 1841. Documents inédits.)

[20]: Lettre de M. de Barante à M. Bresson, 20 novembre 1838. (Documents inédits.)

[21]: Dépêche de M. de Barante à M. Molé, 13 février 1839. (Documents inédits.)

[22]: Cette lettre, en date du 31 mars 1839, était adressée à M. Thiers, que M. de Barante, trompé par un faux bruit, croyait alors être devenu ministre des affaires étrangères. M. de Barante ajoutait, le 8 juin 1839, dans une lettre au maréchal Soult: «Déjà, plus d'une fois, j'ai eu l'occasion de dire que le danger n'était point de voir se former contre nous une coalition guerroyante, mais une coalition pacifique, unie pour diminuer notre influence.» (Documents inédits.)

[23]: Mémoires inédits de M. de Sainte-Aulaire.

[24]: Cf. plus haut, t. II, p. [359] et [364].—Faut-il croire qu'en septembre 1833, lors de l'entrevue de Münchengraetz, la cour de Vienne alla jusqu'à conclure secrètement avec la Russie un traité de partage éventuel? Le fait est rapporté par Martens, dans un ouvrage intitulé: Die Russische Politik in der orientalischen Frage, et cité par Hillebrand, t. II, p. 360.

[25]: Par moments même, on eût pu croire que le cabinet de Vienne allait tout de suite lier partie avec les puissances occidentales contre le gouvernement de Saint-Pétersbourg; seulement, il s'arrêtait bientôt, comme effrayé de sa hardiesse et tremblant de n'être pas assez soutenu. C'est ainsi qu'en 1837, des difficultés s'étant élevées entre l'Angleterre et la Russie, au sujet de la saisie, dans la mer Noire, d'un navire anglais, le Vixen, M. de Metternich fit des avances à la première de ces puissances, puis les retira, croyant avoir lieu de douter de sa résolution. Comme on lui demandait compte de cette volte-face: «L'Autriche, répondit-il, ne pouvait pas se brouiller avec la Russie, pour une affaire sans valeur que l'Angleterre elle-même ne voulait pas pousser jusqu'au bout. Soyez certain que vous nous trouveriez au besoin, si vous aviez raison et volonté de soutenir votre droit.» Et il disait à M. de Sainte-Aulaire: «Les whigs sont de misérables fanfarons; jamais ils n'auront le courage de tirer un coup de canon. Malheur à qui s'engagerait avec eux dans une partie difficile; ils l'abandonneraient au jour du danger.» (Mémoires inédits de M. de Sainte-Aulaire.)

[26]: Peu après, comme le chargé d'affaires de France à Londres se plaignait à lord Palmerston de la conduite de lord Ponsonby en cette circonstance, le ministre anglais se défendit en lisant les dépêches envoyées du Foreign Office, qui toutes concluaient à empêcher la guerre d'éclater. «Maintenant, ajouta-t-il, je ne saurais vous nier que l'opinion personnelle de lord Ponsonby, opinion que je ne partage pas, a toujours été opposée au maintien du statu quo de Kutaièh; il préférait même les partis extrêmes, comme susceptibles au moins d'un dénouement favorable.» Lord Palmerston exprimait l'espoir, mais sans oser rien affirmer, «que l'ambassadeur avait fait passer ses opinions personnelles après ses instructions». (Dépêche de M. de Bourqueney au maréchal Soult, 9 juillet 1839, citée dans les Mémoires de M. Guizot.)