[57]: 14 mai 1839.
[58]: On n'était même pas assuré que tous les ministres députés eussent voté pour M. Sauzet.
[59]: Notes inédites de M. Duvergier de Hauranne.
[60]: 19 mai 1839, Journal inédit du baron de Viel-Castel.
[61]: L'auteur de l'article, se demandant «quelle était la politique imposée au chef d'un gouvernement révolutionnaire et représentatif», répondait ainsi à cette question: «S'il est un grand politique, s'il domine ce qui l'entoure par la supériorité de sa raison, il trouvera des hommes pour se faire l'instrument de sa pensée, même parmi les plus capables. Faites Machiavel, Napoléon, chefs d'un pays libre, ils n'auront pas besoin d'aller recruter des ministres dans les rangs secondaires. Les politiques de cette forte trempe se gardent bien d'exclure les plus habiles, ils se gardent bien de diviser les hommes dont ils peuvent se servir, d'abaisser les caractères, de mettre en relief les côtés faibles des hommes qu'ils font concourir à leurs desseins. Ils grandissent tout ce qui les approche, au lieu de chercher à le diminuer. Voilà, selon nous, la politique élevée et grande sous un régime constitutionnel. Il y en a une autre: celle qui se met en désaccord avec les assemblées en choisissant des ministres en dehors des sommités parlementaires. Une Chambre repousse un ministère faible et impuissant; cette répulsion se manifeste par un ou plusieurs votes; on passe outre. Elle persiste dans sa résistance; on la dissout. Les élections lui donnent gain de cause; on temporise; on perd ou on gagne du temps, en épuisant des combinaisons ministérielles auxquelles viennent s'opposer des impossibilités de toute espèce; on spécule sur l'imprévu. Parmi tous les candidats aux ministères, les plus éminents comme les plus petits ont leurs rivalités, leurs passions, leurs préférences, leurs antipathies; on exploite tous les côtés infirmes de notre nature. Au lieu de prendre les hommes importants par ce qui les distingue du vulgaire, on s'empare d'eux par les points qui les en rapprochent; on les laisse se diviser, si on ne les y aide pas. On observe quelques ambitions impatientes, quelques cupidités empressées à se nantir d'un portefeuille, quelques étonnements naïfs de parvenus en face d'une élévation qui leur tourne la tête; on les pousse vers la défection; s'ils cèdent, on les enrôle dans un ministère de toute couleur, et on se flatte d'avoir gagné une grande partie. Pauvre politique que celle-là!.... D'ailleurs, comment peut-on appeler habile une politique qui ne fonde son succès que sur ces trois choses: petites majorités, petites capacités, petits caractères?... Malheureusement, comme l'écrivait M. Rémusat, la petite sagesse est à la mode, et l'on se soucie peu des choses élevées. Le bruit se répand que le génie politique n'est que de la dextérité.» (Constitutionnel du 23 mai 1839.)
[62]: Le Journal des Débats disait à ce propos, le 25 mai 1839: «Les amis de M. Thiers ont pour lui une fatuité qu'il désapprouve sans doute, une fatuité bien folle et bien dangereuse, quand ils font de lui l'adversaire et l'antagoniste du Roi.»
[63]: Nommé maître des requêtes par M. Decazes, M. Villemain avait été un moment chef de la division des lettres au ministère de l'intérieur. M. de Villèle lui avait enlevé sa place de maître des requêtes pour le punir d'avoir protesté, au nom de l'Académie française, contre la loi sur la presse. M. de Martignac le nomma conseiller d'État. Enfin, sous M. de Polignac, il se fit élire député.
[64]: La duchesse de Broglie écrivait de M. de Villemain, en 1820: «Il a dans le corps un dépenaillage inconcevable, comme si ses membres ne tenaient pas bien sérieusement ensemble et qu'à la première mésintelligence, ils fussent prêts à s'en aller chacun de son côté.» (Souvenirs du feu duc de Broglie.)
[65]: Dans ses Notes et Pensées, M. Sainte-Beuve a écrit: «Nous causions hier de Villemain avec Cousin. Celui-ci me disait: «C'est chez lui un conflit perpétuel entre l'Intérêt et la Vanité.»—«Oui, repartis-je, et c'est d'ordinaire la Peur qui tranche le différend.» Le mot est injuste, et cette excessive sévérité trahit quelque jalousie chez les deux interlocuteurs; toutefois, il avait sa part de vérité. M. Sainte-Beuve a écrit encore: «Villemain a presque toujours le premier aperçu juste; mais, si on lui laisse le temps de la réflexion, son jugement, qui n'est pas solide, prend peur, et il conclut à faux ou du moins à côté.»
[66]: Barbès dit au président: «Je ne suis pas disposé à répondre à aucune de vos questions. Vous n'êtes pas ici des juges venant juger des accusés, mais des hommes politiques venant disposer du sort d'ennemis politiques.» Et encore: «Quand l'Indien est vaincu, quand le sort de la guerre l'a fait tomber au pouvoir de son ennemi, il ne songe point à se défendre, il n'a pas recours à des paroles vaines: il se résigne et donne sa tête à scalper.» Il assumait, d'ailleurs, hardiment la responsabilité de l'attentat: «Je déclare que j'étais un des chefs de l'association; je déclare que c'est moi qui ai préparé tous les moyens d'exécution; je déclare que j'y ai pris part, que je me suis battu contre vos troupes.»