[192]: En commençant dans ses Mémoires le récit des négociations relatives à ce mariage, M. Guizot l'appelle «l'événement le plus considérable de son ministère». (T. VIII, p. 101.)
[193]: Dès le 1er novembre 1836, lord Palmerston, dont la méfiance jalouse était si facilement en éveil, écrivait à son frère: «Louis-Philippe est aussi ambitieux que Louis XIV et veut mettre un de ses fils sur le trône d'Espagne, comme mari de la jeune reine.» (Bulwer, Life of Palmerston, t. III, p. 24.)
[194]: Des écrivains anglais ont prétendu que Louis-Philippe avait commencé par désirer marier la Reine à un de ses fils. Cette assertion ne peut un moment se soutenir, en face des preuves données par M. Guizot. (Mémoires, t. VIII, p. 107, 108.)
[195]: Lettre du 9 août 1843. (Mémoires de M. Guizot, t. VIII, p. 107.)
[196]: La maison de Saxe-Cobourg-Gotha, cette maison «si rapidement ascendante», comme a dit M. Guizot, se divisait en plusieurs branches. Le duc régnant, Ernest Ier, avait deux fils: Ernest, qui devait lui succéder, et Albert, l'époux de la reine Victoria. Le frère cadet d'Ernest Ier, Ferdinand, avait quatre enfants: Ferdinand, mari de la reine de Portugal; Auguste, qui devait épouser la princesse Clémentine d'Orléans; Léopold, le prétendant à la main d'Isabelle, et une fille mariée au duc de Nemours. Un autre frère d'Ernest Ier était Léopold, le roi de Belgique. Enfin ces trois frères avaient eu deux sœurs, l'une mariée en Russie, l'autre, Victoria, duchesse de Kent, et mère de la reine Victoria.
[197]: Un peu plus tard, M. de Sainte-Aulaire, qui avait vainement cherché à faire expliquer le roi Léopold sur cette question, résumait ainsi son impression: «Le roi Léopold ne veut pas mécontenter notre roi; il s'emploiera toujours en bon esprit entre nous et l'Angleterre. Mais, après tout, il est beaucoup plus Cobourg que Bourbon, et il fera pour son neveu tout ce qu'il jugera possible.» (Dépêche de M. de Sainte-Aulaire, en date du 14 juillet 1843. Mémoires de M. Guizot, t. VIII, p. 132.)
[198]: Par un calcul facile à comprendre, le baron de Stockmar, dans ses Mémoires, et sir Théodore Martin, dans sa Vie du prince consort, ont cherché à diminuer ou à supprimer complètement la responsabilité du gouvernement et de la cour d'Angleterre dans cette candidature du prince de Cobourg. Je ne leur opposerai pas les renseignements contraires recueillis alors par la diplomatie française. Je me bornerai aux aveux mêmes du baron de Stockmar, tels qu'on les trouve dans ses Mémoires. Le confident du prince Albert, examinant, à la date du 14 mai 1842, la question du mariage espagnol, et parlant évidemment pour le prince autant que pour lui, commençait par dire que «les Bourbons offraient prise à beaucoup d'objections». Puis il ajoutait ces paroles significatives: «Notre candidat est plus acceptable.» Non qu'il fût sûr des aptitudes personnelles du jeune Léopold: «Mais, ajoutait-il, en de telles circonstances, c'est faire assez, c'est même tout faire que de permettre au destin de le trouver, si le destin, dans sa capricieuse envie de réaliser des choses invraisemblables, persistait à le chercher en dépit de tous les empêchements et de tous les obstacles. C'est ce qui a eu lieu, autant du moins que la chose était en notre pouvoir. Nous avons dirigé sur ce candidat l'attention de l'Espagne et de l'Angleterre avec la prudence que conseillait un examen attentif de toutes les convenances.» Puis, après avoir parlé des dispositions d'Espartero, il terminait ainsi: «Nous avons déjà obtenu que notre ministère, d'abord favorable à un Bourbon, parce qu'un Bourbon susciterait le moins de difficultés extérieures, devienne tout à fait impartial et soutienne loyalement tout choix conforme aux vrais intérêts de l'Espagne. Ainsi la semence est déjà confiée à la terre, à une terre, il est vrai, où, selon toute vraisemblance, elle ne lèvera pas. Qu'importe? Notre part du travail est accomplie, la seule part qui fût possible, la seule que conseillât la raison; nous n'avons plus qu'à attendre le résultat.»
[199]: Mémoires de M. Guizot, t. VIII, p. 130.
[200]: Dans l'écrit du 14 mai 1842, déjà cité plus haut, le baron de Stockmar, après avoir rapporté comment le prince Albert et lui avaient «dirigé» sur leur candidat «l'attention de l'Espagne», ajoutait: «Espartero ne s'est déclaré ni pour ni contre; il a dit très sagement qu'une telle affaire ne pouvait être décidée que par le gouvernement espagnol, en vue des véritables intérêts de la nation espagnole, sous le patronage et avec l'assentiment de l'Angleterre.»
[201]: Mémoires de M. Guizot, t. VIII, p. 110 à 118.