[129]: Ibid., p. 13, et Confessions d'un révolutionnaire, § I.—Pas un homme important de l'extrême gauche qu'il ne déteste. «Je souscrirais volontiers pour une couronne civique, écrivait-il, à celui qui nous délivrerait de Lamennais, de Cormenin et d'A. Marrast.» (Correspondance, t. I, p. 255.) Lamennais surtout lui est antipathique. «Quoi qu'un dise de cet homme, écrit-il, je répondrai toujours que je n'aime pas les apostats. Il pouvait changer d'opinion, mais il ne devait jamais faire la guerre à ses confrères dans le sacerdoce ni au christianisme.» (Ibid., t. I, p. 333.) Et plus tard: «Le plus grand bonheur qui pourrait arriver au peuple français, ce serait que cent députés de l'opposition fussent jetés à la Seine, avec une meule au cou; ils valent cent fois moins que les conservateurs, car ils ont, de plus que ceux-ci, l'hypocrisie.» (Ibid., t. II, p. 277.) Des journalistes de gauche, il ne pense pas plus de bien: «Ils ne comprendront jamais de moi autre chose, dit-il, sinon que je les hais et les méprise.»

[130]: Proudhon écrira, un jour, de Fourier, que son système est «le dernier rêve de la crapule en délire»; de Pierre Leroux, dont cependant il avait paru un moment se rapprocher, que «la sottise le dispute à la méchanceté dans ses élucubrations»; de Louis Blanc, qu'il est «le plus ignorant, le plus vain, le plus vide, le plus impudent, le plus nauséabond des rhéteurs». Cabet ne sera pas mieux traité.

[131]: Dans la théorie communiste, les hommes lui paraissent «attachés comme des huîtres, côte à côte, sans activité ni sentiment, sur le rocher de la fraternité».

[132]: Quand il lui faudra discuter cette partie de la doctrine socialiste, il se plaindra d'être «obligé de remuer ce fumier», et il s'écriera: «Loin de moi, communistes! Votre présence m'est une puanteur, et votre vue me dégoûte.»

[133]: Plus il va, plus il semble trouver une sorte d'âpre jouissance à se voir seul en guerre contre tous: «J'aurai raison contre tout le monde, écrit-il, ou je succomberai à la peine... Le nombre des adversaires vous épouvante; il m'anime, au contraire. Car je crois que, dans la carrière antireligieuse, antipropriétaire, antimonarchique, où je suis entré, s'il y avait une seule opinion avec laquelle je ne fusse pas en désaccord, je ne serais plus d'accord avec moi-même.» (Correspondance, t. II, p. 241.)

[134]: Il s'était attendu, en effet, à produire une vive émotion: «Quand on saura dans le public, écrivait-il le 1er juin 1839, que je suis l'auteur de ce Discours, ce sera un beau tapage. Je puis dire que je viens de passer le Rubicon.» (Ibid., t. I, p. 129.)

[135]: Ces embarras pécuniaires venaient surtout de l'imprimerie dont Proudhon ne pouvait ni se débarrasser ni tirer profit. Tel était son dénuement que, voulant aller voir un de ses amis à Besançon, il fit à pied la route de Paris à cette ville. Il priait ses correspondants de ne lui écrire que par occasion, parce qu'il n'avait pas le moyen de payer les ports de lettre.

[136]: Cette idée revenait sous toutes les formes, dans sa correspondance: «Je ne connais rien dans la science, écrivait-il encore, dont la découverte ait jamais produit un effet pareil à celui que la lecture de mon ouvrage est capable de produire. Je ne dis pas: qu'il soit compris; je dis seulement: qu'il soit lu, et c'en est fait de la vieille société.»

[137]: Correspondance, t. I, p. 166, 182, 183, 189, 191, 212, 213, 216.

[138]: Confession d'un révolutionnaire.