Petite Roumana, tu n'avais pas une âme charmante et frivole, ainsi que je le croyais; et comme un papillon léger tu es venue brûler tes ailes à la flamme que j'avais inconsciemment allumée en te parlant de liberté... Pardonne-moi.
Nous nous sommes connues autant que pouvaient se connaître deux enfants séparées par l'abîme des races et des civilisations plus encore que par les mers et les pays.
Ton souvenir jettera des larmes sur l'enchantement de Damas et de Palmyre.
Et, si jamais je retourne à Djêroûd, ma première visite sera pour toi, puisque je t'ai promis de revenir. J'irai m'agenouiller sur la blanche tombe de pisé du petit cimetière dénudé et je t'apporterai des fleurs de France, des fleurs de «Bârîs», petite Roumana...