2 mars.

Je suis sortie. La première chose qui me frappe, c’est la suppression des aigles, partout où ils se trouvaient, dans la décoration des monuments, en insignes sur les magasins.

La foule, visiblement, s’est obstinée, acharnée contre eux pour les jeter à terre.

Ils gisent sur le sol, piétinés par la foule. Celle-ci acclame des hommes qui, chargés de petites échelles, poursuivent méthodiquement, de rue en rue, de carrefour en carrefour, de maison en maison, la besogne de destruction, la besogne symbolique et sinistre.

Alors c’est la République... mais laquelle et comment... en ce pays sans fin, fait d’éléments si multiples, si différents.

Il semble en effet certain, à l’heure qu’il est, que le seul régime qui doit surgir de ces événements sinistres est la République.

On ne l’a pas proclamée encore. Mais il est officiel que l’empereur a abdiqué en faveur de son frère, le grand-duc Michel, pour ne pas laisser le pouvoir à son fils.

Le grand-duc Michel a remis ce pouvoir au peuple.

Le peuple décidera...

Sa décision ne fait de doute pour personne.