Et un nouvel acte aurait été signé sans hésiter; certains disent même avec indifférence.
Voilà du moins ce que racontent, ce que chuchotent plutôt tristement, ceux qui ont un reste d’attachement pour le régime qui s’écroule au milieu de tant de malédictions.
Ces nouvelles, arrivées jusqu’à Petrograd, on ne sait comment, doivent être vraies. Les journaux les précisent. Elles servent trop bien la cause révolutionnaire.
Il y a d’ailleurs d’autres bruits qui circulent en d’autres milieux.
Des gens mêlent tragiquement l’attitude du tsar aux événements de la guerre, de cette guerre dont on ne parle pas assez ici et qui se déroule là-bas, si inquiétante.
Ces gens rappellent les chiffres si impressionnants des victimes tombées depuis 1914. On parle, non pas de centaines de mille, mais de millions, et voilà qu’on accuse la cour, l’impératrice directement, l’empereur par faiblesse, d’avoir eu avec l’Allemagne des complaisances coupables, fatales.
Cela se murmure dans le peuple. Et l’orage monte, monte.
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Alors, vraiment, je me suis dit:
Que fais-je dans cette tourmente? Je suis une inutile. Le théâtre Michel est fermé. La vie devient impossible à force d’être coûteuse.