Mais le fatalisme russe est étonnant.

On dirait que personne ici ne pense à la mort, qui, cependant, est partout...

C’est l’apathie, la résignation, l’insouciance slave.

15 décembre.

Ils recommencent à piller les caves. Toutes y passeront.

Depuis qu’ils ont goûté au xérès et au champagne du Palais d’Hiver, depuis qu’ils ont vendu les bouteilles ce qu’ils ont voulu, le pillage des caves est devenu la hantise des bolcheviks.

Il ne s’agit plus de politique, de communisme social, de reprise des terres. La seule chose qui les intéresse, c’est le vin, le champagne surtout, et immanquablement des scènes ignobles d’ivresse suivent ces violences.

Un incendie s’est déclaré hier à la grande usine Petrof et l’on raconte que, malgré la mitrailleuse placée là pour empêcher de dévaliser les caves, les bolcheviks se sont précipités quand même à l’assaut des bouteilles pleines.

Et dans les rues voisines, immédiatement, le pitoyable trafic a recommencé.

Le champagne russe, paraît-il, vaut 8 roubles, le vin 6 roubles.