Et c’est pour gagner quelques roubles ainsi que des hommes, des soldats qui ont cependant vu, pour la plupart, les terribles batailles du début de la grande guerre, risquent, non pas leur honneur, qui n’est plus en jeu, mais une balle de revolver ou de mitrailleuse.
Tragique, particulièrement, est l’histoire de cette usine Petrof.
Mᵐᵉ Petrof, en mourant, l’avait léguée à ses enfants. Mais elle avait aussi légué tous ses meubles, ses bibelots, son argenterie à ses serviteurs, qui, à la vente de ces meubles, touchèrent plus d’un million, presque une richesse pour ces humbles.
Ils sont donc à leur aise aujourd’hui, tandis que leurs maîtres, les enfants de Mᵐᵉ Petrof, qui avaient hérité de l’usine, ne possèdent plus rien, l’usine étant brûlée.
Cet exemple est typique. Le testament de Mᵐᵉ Petrof avait été un beau geste de partage, la distribution d’une grosse somme en récompense aux serviteurs modestes.
Ce nom aurait dû être, entre tous, respecté par ceux qui se vantent d’un idéal communiste, qui demandent que les grosses fortunes soient partagées par la force.
Celle-ci, d’elle-même, est allée au-devant du partage.
Mais c’est justement à ce nom que ces misérables, ces fous se sont attaqués. C’est l’usine Petrof qu’ils ont incendiée une des premières.
20 décembre.