La paix séparée ne sera pas signée. Mais la guerre est finie, tout simplement. Il n’y a plus de guerre.

L’Allemagne aurait assez mal pris cette façon de faire toute nouvelle, et elle se serait immédiatement, en réponse, emparée de Dwinsk et de Reval.

Les bolcheviks ne s’en soucient pas. Les Allemands peuvent entrer dans toutes les villes qu’ils veulent. Il n’y a plus de guerre. La guerre n’est qu’une fiction.

Quels cerveaux ont conçu cette façon inouïe, invraisemblable d’arrêter la lutte gigantesque!

Et à quels malheurs nouveaux cette décision folle expose la Russie?

Car une question effroyable se pose, effroyable pour toute la population de la ville, particulièrement effroyable pour nous, Français:

Les Boches ne vont-ils pas venir à Petrograd?

L’armée russe est en déroute, elle cède partout, et le grand mot d’ordre des bolcheviks auprès des malheureux soldats qui encombrent les routes du retour est:

«Du pain et la paix!»

Derrière cette ruée de soldats qui ne se battent plus monte l’armée allemande, sans doute innombrable, bien organisée.