«Maintenant on vous dévalise individuellement et plus brutalement. Là seulement est la différence. Le résultat est le même.»
Je l’ai regardée, tandis qu’elle parlait de la sorte. Elle ne souriait pas. Elle n’était pas amère. Sa voix avait un calme impressionnant.
Elle a ajouté, après un silence:
«—Nous ferons des choses effarantes... Vous verrez!»
Puis, brusquement, elle me dit encore, comme si elle tenait à me faire bien connaître son opinion sur ce point:
«—Ce sont les Anglais qui ont voulu la guerre. Ils en sont les seuls responsables.»
Alors j’ai risqué cette question:
«—Et les Français, qu’en pensez-vous?
Mᵐᵉ Kamenieva m’a regardée avec le même calme où ne pouvait s’analyser nulle impression.
«—Vous êtes, me dit-elle, un peuple de concierges. Intelligents, oui... assez. Mais vous ne possédez pas vraiment de grands cerveaux, capables de rêves et de réalisations formidables...