Deux volumes in-folio, vélin, à deux colonnes ; XVe siècle ; reliés en veau marbré, à l'aigle françoise sur les plats.
Exemplaire horriblement mutilé. Tous les ornemens en ont été coupés. D'après une note attachée dans le premier volume, on voit que le célèbre antiquaire d'Agincourt l'avoit présenté au mois d'avril 1774 au prince de Soubise : la révolution françoise en fit la propriété de la nation. Mais si d'Agincourt attachoit à son présent quelque prix, c'étoit sans doute en raison des miniatures qui l'ornoient. Les auroit-il lui-même arrachées avant de se défaire des volumes? On aura grand' peine à le croire ; et certes tel qu'il est aujourd'hui, le présent n'étoit plus digne d'un personnage tel que le prince de Soubise. La mutilation aura donc plutôt eu lieu dans l'intervalle écoulé entre la saisie des objets trouvés à l'hôtel de Soubise et le dépôt de ce volume dans la bibliothèque nationale.
La transcription commence par une table générale de toutes les chroniques. Puis à la suite de cette table :
« Cy commence le prologue de lauteur qui a translate les Croniques de France.
» Cils qui ceste euvre commence. A tous ceulx qui ceste histoire liront salut en nostre Seigneur. Pour ce que pluseurs se doubtoient de la genealogie des Roys de France duquel original et de quelle lignee ilz sont descendus emprist ceste euvre a faire par le commandement de tel homme quil ne povoit ne ne devoit refuser. Mais pour ce que sa lecture et la simplesce de son engin ne souffisoit mie a traictier dune si haulte histoire, etc. »
Fin : « Et y morut grant foison de leur gens et de leur chevaux, et sen alerent aucuns et emmenerent grant foison de biens. »
Le chapitre du comte de Champagne donne la leçon de Gatebrule.
No 218.
Un volume in-4o maximo, vélin, à deux colonnes, miniatures et initiales ; première partie du XIVe siècle ; relié en maroquin rouge.
Cette leçon est, après celle de Sainte-Geneviève, la plus ancienne que je connoisse. Elle poursuit le récit historique jusqu'à l'année 1330, mais il faut distinguer dans la composition générale deux parties : la première s'arrête à la mort de Philippe-Auguste et présente le texte définitif des Chroniques de Saint-Denis ; la seconde n'offre plus que des matériaux historiques empruntés surtout aux continuateurs de Nangis, matériaux employés plus tard avec réflexion par le rédacteur définitif des Chroniques de Saint-Denis, et qu'après lui j'ai pu souvent consulter avec fruit pour compléter ou éclaircir le récit. La solution de continuité que l'on trouve ici après la mort de Philippe-Auguste est d'ailleurs une nouvelle preuve du grand espace de temps écoulé entre la rédaction de ce dernier règne et celui du règne de saint Louis. Il est en effet vraisemblable qu'en l'année 1318, époque de la transcription de presque tout ce volume, la vie de saint Louis n'étoit pas encore rédigée, telle qu'elle a été faite pour les Chroniques de Saint-Denis. Mais comme cette question doit être approfondie dans une dissertation spéciale, il nous suffira de remarquer ici que le no 218 est en général transcrit avec le plus grand soin, et qu'il offre même pour le récit antérieur à Louis VIII un grand nombre de variantes dont j'ai fait mon profit. Les premières lignes du volume sont une longue rubrique que nous allons transcrire :