—Dix-sept ans, seigneur.
—Mais ce champ, brave homme, n’est pas une terre sainte?
—Seigneur, c’est vrai, mais c’est le cimetière des meurtriers et des juifs.
—Des Israélites!... Sauriez-vous le nom de cette jeune femme?
—Si je ne me trompe, c’est Dina, fille d’un nommé Israël Judas, lapidaire.
—Dina!... enfer! ma fiancée!!!...
—Au reste, seigneur, voici le convoi, là-bas, qui s’avance; voyez-vous ce cercueil blanc?
Aymar resta un moment morne et froid! puis appelant un des cavaliers:—Carle, mon ami, lui dit-il, tout à l’heure tu prendras mon manteau, et le porteras à mon père, comme on porta la robe sanglante de Joseph à son père Jacob; tu lui diras que tu as vu ma fiancée; car la voici qui s’avance, regardez!...
Eh! toi, vieillard, élargis cette fosse!..., dit-il en jetant sa bourse au fossoyeur; puis il cria contre le ciel, et d’une voix retentissante: