16 février 1832.

A PÉTRUS BOREL

Brave Pierre, pourquoi cette mélancolie
Qui règne dans tes vers; pourquoi sur l’avenir
Ce regard douloureux suivi d’un long soupir,

Pourquoi ce dégoût de la vie?

Elle est belle pourtant: regarde l’horizon
Qui s’ouvre devant nous, éclatant de lumières...
Va, nous saurons franchir ces débiles barrières

Qui nous tiennent comme en prison.

Ou’importe un peu de peine au matin de la vie,
Ou, le nuage obscur errant à ton zénith?
Le nom qu’on a gravé sur le rude granit

Échappe à l’ongle de l’envie.

Et quand viendra le soir, nous aurons le repos,
Nous trouverons la gloire au bout de la carrière,
Et l’amour sera là, séduisante chimère!

Versant son baume sur nos maux.