—Non, c’est impossible: tuer un innocent!
—Mais n’est-ce pas l’usage?
—Je ne suis point un assassin.
—Que vous êtes cruel de refuser une chose qui vous coûte si peu!
—Je ne suis point un meurtrier.
—Peut-être, vous ai-je offensé, mais c’est bien malgré moi: vous n’êtes point un coupe-jarret, je le sais; votre humanité, votre philanthropie sont célèbres.
—Si vous désiriez sincèrement la mort, le suicide est facile; la première arme venue, un pistolet, votre scalpel ...
—Non, je n’aime pas cela, on n’est pas assez garanti du succès: le bras peut se déranger et frapper maladroitement; on se défigure, on se charcute; enfin, on rate son coup, comme on dit.
—J’en suis fâché.
—Mais votre moyen est si prompt et si sûr; je vous en prie, en compensation de tant de gens que vous décollez de force, je vous en supplie, décapitez-moi amicalement.