—Peu de chose, je voudrais simplement que vous me guillotinassiez.
—Jamais, mon ami, ceci est pure extravagance. Alors même que je le voudrais, je ne le pourrais.—Hélas! que Dieu me garde de vous faire jamais la moindre écorchure.
—Pourquoi cela, n’avez-vous pas le droit et la liberté de faire ce que bon vous semble? La société vous a donné un instrument, n’en êtes-vous pas l’absolu ménétrier? Peut-elle vous défendre de rendre service à un ami?
—Il est vrai que la société m’a donné héréditairement un échafaud, ou plutôt que mon père m’a légué une guillotine pour tout meuble et immeuble patrimonial; mais la société m’a dit:—Tu ne joueras de ton instrument que pour ceux que nous t’enverrons.
—C’est elle qui m’envoie.
—Non pas.
—Si, c’est mon dégoût pour elle.
—Vous venez droit à moi, mon cher, ce n’est pas cela; vous avez pris la grande route au lieu du chemin de traverse; retournez-vous-en et passez par les gendarmes, les cachots, les geôliers et les juges.
—Décidément, vous ne voulez pas me faire cette amitié? vous êtes malgracieux pour moi. Mais, tribunal de Dieu! je ne demande pas absolument que vous me fassiez cela en plein jour, en plein Paris, en pleine Grève: que ce soit une affaire privée, un tripot de ménage; là, dans un coin de votre jardin, n’importe, où vous voudrez. Vous le voyez, je suis accommodant.