Chapitre qui peut paraître surabondant, et dont aurait pu se passer le lecteur; quand je dis lecteur, je parle hypothétiquement, car il serait présomptueux à moi de penser en avoir un seul, fût-ce même un Russe? Mais sans lui, l’histoire de Passereau aurait été immorale; il faut toujours que le crime reçoive un châtiment.

Le petit homme rouge avait sonné cinq heures et demie à l’horloge du château des Tuileries, car le petit homme rouge a reparu depuis peu avec le nouvel hôte et son maistre des maçonneries. Passereau se promenait sous la forêt de marronniers: pour tuer l’attente, il avait pâturé deux ou trois grands journaux fort indigestes. Notre bel écolier s’ennuyait considérablement en ce damné lieu, continuellement assailli par certains schismatiques et forcé d’essuyer les déclarations d’amour de ces bourgeois de Gomorre. Enfin il vit un homme accourir en toute hâte au piédestal du sanglier de marbre, puis le tourner et le pourtourner tendant le cou et regardant de tous côtés avec un air maussade et capot.

Ce quidam, grand et gros, enveloppé d’une houppelande bleue, orné d’une figure insignifiante coupée en deux par une énorme moustache, portait des éperons qu’il faisait sonner d’impatience et une longue cravache dont il se caressait les os des jambes. Passereau l’ayant considéré un instant et toisé du regard comme un cheval en foire, s’approcha de lui et le salua:

—Vous attendez quelqu’un, monsieur?

—Que vous importe, jeune homme!

—Il m’importe beaucoup.

—Vous exercez une profession peu honorable, monsieur, croyez-vous que je ne vous ai point aperçu tout à l’heure me moucharder?

—Vous attendez une femme, n’est-ce pas?

—Non, monsieur, un hermaphrodite.