—Patience, ma bonne, patience! aujourd’hui, j’ai reçu ma nomination officielle à la préfecture du Mont-Blanc et je dois partir demain; sitôt mon installation faite et mon administration réformée, je te jure que je reviendrai célébrer notre mariage clandestin; nous quitterons Paris sur l’heure, et je te présenterai là-bas à mes sujets comme une ancienne épouse.

—O mon ami, que je suis heureuse!..... mais ton absence ne sera pas longue, n’est-ce pas? Seule, ici, je souffrirais trop dans l’expectative.

—Petite pédante; si tu comprenais combien je t’aime!

—Mais, Bertholin, que faites-vous?..... Ne m’embrassez donc pas comme cela!...

—Amie!...

—Vous me traitez ce soir bien cavalièrement, monsieur!...

—Non, amie! je vous traite en épouse.

—En épouse!... la suis-je, monsieur?

—Quand deux êtres qui s’aiment se sont fait un serment, a-t-il besoin pour être sacré d’être visé par le municipal? La loi ne fait que ratifier. Nous nous aimons à toujours, nous nous le sommes juré, nous sommes époux: et si nous sommes époux, à quoi bon?.....

—Toute liaison sans la sanctification de Dieu est péché.