—Doy a usted la bienvenida, dit-elle à Juan Cazador. Vos grâces peuvent prendre place, tout est prêt.
—Bien esta, querida, reprit Barraou plaçant Juan à sa droite.—Compagnero! il y a long-temps que j’ai eu le bonheur de souper avec toi; il faut signaler et célébrer dignement ce repas; faisons sauter quelques vieilles bouteilles; tâchons, mon vieil ami, de nous redonner le fumet de ces vieilles fêtes de garçons, qui n’étaient point embellies par notre bonne Amada. Sera tenu pour couard et gavache, celui qui renoncera!...
—Bravo! bravo! soit, soit, dit Cazador, j’y consens, et le perdant paiera une amende; gare à toi, Barraou!
—Compadre! garde ta sollicitude pour ton compte: Juanito, combien de fois t’ai-je enterré; gare à toi, cobarde!
En disant ces derniers mots, Barraou renfonçait le manche de son cuchillo qui mettait le nez à la fenêtre; à ce mouvement, Amada qui le suivait des yeux, poussa un cri d’horreur: tous deux aussitôt la reçurent dans leurs bras, la questionnèrent sur son mal et lui prodiguèrent mille soins; revenant bientôt, elle les remercia.—Ce n’est rien, assurait-elle, une vive palpitation de cœur m’a seule arraché ce cri.
—Tu m’as fait bien peur, dit Jaquez.
—Vous m’avez tourné la tête et le cœur, murmura Cazador.
—Ah! ah! Juanito, ceci est une finesse; l’aveu est adroit.
—Je l’ai dit sans malice et n’en veux nul mérite.