—Alma de Dios! protégez votre servante. Mon bon ange, arrêtez le bras de Barraou, comme vous retîntes le bras de notre père Abraham!.....
Pablo trouva Juan Cazador prêt à partir pour la danse, et tirant avec transport quelques sons nazillards d’une mandoline fêlée.
—Mon maître m’envoie à votre grâce, lui dit-il, pour lui offrir ce tabac de la plantation royale, et pour l’inviter à souper; il m’est enjoint de ne point repartir sans elle. Cazador, joyeux et surpris, remercia Pablo de sa bonne visite, et se mit en route.
Chemin faisant, il ne pouvait contenir son hilarité, et, se questionnant en lui-même:—Qui, disait-il, a pu porter Jaquez à me faire pareille politesse? lui, si ombrageux, qui depuis si long-temps fait tout pour m’éloigner; ce ne peut être qu’Amada? Mais, si c’était sous son influence? oh! non, cela ne se peut! Elle aurait donc quelque amour pour moi? de l’amour, ... de l’amour..... non, je suis trop malheureux!
III
TRAYCION Y TRAYCION
Quand Juan approcha de la case, Jaquez, qui toujours chevalait de long en large, l’aperçut de fort loin, vint au-devant et le salua amicalement, le comblant de courtoisies auxquelles Cazador répondit avec effusion. Au moment où ils entrèrent, Amada fit un sursaut, et, sans être vue, levant les yeux comme pour implorer la miséricorte du bon Dieu, se signa précipitamment; puis se retournant avec calme: