—Ecoutez, le péril ici vous environne, veillez et priez Dieu qu’il veille aussi sur vous.

—Expliquez-vous!...

—Je ne sais rien de plus; taisez-vous ou vous nous perdez, Juan; taisez-vous, je l’entends ...

—Le voilà ce fameux Xerès! ton verre, Juan, et goûte ça.

Visa usted! es un ambre, il est délicieux.

—Allons, compadre! redoublons: fais-tu pas la petite bouche? as-tu peur d’être le gavache?

—Juan Cazador n’est pas si novice; je crois bien, par exemple, Barraou, que tu pourrais apprêter ton amende, car ton œil commence à reluire.

Eh! que fais-tu donc? prends garde; on te dirait assis sur une escarpolette.

En effet, Barraou commençait à passer de l’entrain à l’ivresse. Il chantait en se berçant, s’emportait et frappait sur la table, riant aux éclats, récitant des prières et de grossières farces, semblables à ces espèces d’improvisations des arriéros Biscaïens qui vont, lorsqu’ils ont la tête en belle humeur, juchés sur leurs mulets, chantant et amalgamant la Bible et le Nouveau-Testament d’une manière tant soit peu affriandée.