Après s’être long-temps combattu, et avoir lancé mille propos graveleux qui dégoûtaient Amada, il se pencha sur la table et s’assoupit.

—Nous ne pouvons le laisser en cet état, aidez-moi, Cazador, à le coucher sur cette natte; il y sera mieux pour passer son vin. Oh! le vilain ivrogne!...

Barraou se laissa transporter.

—Cazador, ôtez lui son cuchillo, là, de ce côté, il pourrait se blesser. Jetons sur lui cette cape:—Que faites-vous? Cazador, ne lui couvrez point la face, vous l’étoufferiez! Non, non, ne lui couvrez pas, je vous le dis.

—Que vous êtes sotte!...

Ah! pardonnez ce mot à mon emportement; Amada, que le hasard me sert bien! grâce à son ivresse, nous sommes délivrés de son regard inquisiteur, et c’est lui-même qui m’a facilité ce tête-à-tête. Laissez-moi couvrir de baisers cette main qui me repousse. Amada, sois moins farouche.

—Taisez-vous!...

—Moins farouche pour celui qui t’aime plus que son affranchissement!

—Arrêtez, Cazador, je suis la femme de Jaquez Barraou, votre ami!

—Toujours serez-vous de rocher?... Dans nos dernières entrevues, vous m’avez laissé me rouler à vos pieds, plutôt que d’accorder la plus basse faveur à ce malheureux amant. Vous m’irritez, Amada!... craignez ma violence!...