—Eh! pourquoi rester pauvres?...

—Ah! pourquoi! pourquoi! Quasher, tu le comprends trop bien!

—Que peux-tu redouter, Abigail? je te racheterai, je me racheterai, nous serons libres; nous aurons notre habitation à nous, nous aurons nos esclaves à nous, nous pourrons nous aimer tout le jour, être seuls à tous deux, à toute heure, partout où il nous plaira; conçois-tu?... être libre!...

—Mon Quasher, vous êtes ambitieux, vous me le disiez, vous vous en vantiez tantôt: quand vous serez riche, vous repousserez du pied cette pauvre négresse qui vous aime tant, vous voudrez une blanche d’Europe, je sens bien que je vous perds.

—Ecoute, Abigail, une femme qui amollit un homme fort, c’est une basse femme! Crois-tu que tes charmes soient assez puissans pour me clouer à toi? crois-tu que je varierai à des larmes? Non! tes embrassemens sont vains! Je veux, Quasher a dit: Je veux! sois confiante en lui, il t’a donné son amour, il t’es resté fidèle, sur Dieu et sa parole, il est à toi pour la vie. Ne sois ni soupçonneuse ni jalouse, et c’est à tes pieds qu’il viendra déposer cet or....... Pleure, pleure, n’espère pas m’amollir. Adieu!...


III
HATSARMAVETH, ABRAHAM, WESTMACOT