XXIII.
Muni de son exprès, Patrick se rendit sur-le-champ à la Bastille, et pénétra dans le ventre de ce taureau de pierre, semblable au taureau d’airain de Phalaris, où les victimes étoient jetées vivantes.
Il se fit conduire à Fitz-Harris, qu’il trouva dans une petite cave, si basse, qu’il falloit s’y tenir courbé; humide, sale, n’ayant d’autre air que les exhalaisons putrides des fossés, et d’autre jour qu’une foible lueur s’échappant d’une meurtrière.
Il étoit couché sur quelques brins de paille moisie, la face tournée contre terre. Assoupi ou engourdi par le froid, il n’entendit pas ouvrir ses verrouils. Patrick lui adressa quelques mots en irlandois: à cette voix amie qui faisoit retentir ce lieu d’horreur de son langage natal, il tressaillit et souleva la tête.
—Lève-toi, Fitz-Harris; tu es libre!
—Toi ici, Patrick! Ah! malheureux, plutôt mourir!...
—Je viens te chercher, tu es libre; m’entends-tu? lève-toi, te dis-je!