»Mac-Donald, en traversant le Root du comté d’Antrim, fut reçu avec amitié par Mac-Quillan, qui en étoit le maître.

»Mac-Quillan faisoit alors la guerre aux peuples qui habitoient au-delà de la rivière du Bann.

»L’usage des habitants de cette contrée étoit de se dépouiller réciproquement; et comme le plus fort avoit toujours raison, le droit ne servoit de rien.

»Le même jour que Mac-Donald partit pour joindre son ami Tyrconel, Mac-Quillan rassembla ses Galloglohs, pour se venger des outrages que lui avoient faits les puissantes peuplades du Bann.

»Mac-Donald, qui avoit été accueilli avec tant d’hospitalité par Mac-Quillan, crut qu’il ne seroit pas bien d’abandonner son hôte dans cette expédition périlleuse, et lui offrit ses services.

»Mac-Quillan accepta cette offre avec plaisir, en déclarant que lui et sa postérité en seroient reconnoissants. Les deux guerriers réunis attaquèrent l’ennemi, qui fut forcé de restituer au double tout ce qu’il avoit enlevé à Mac-Quillan.

»Ainsi se termina cette campagne, qui fut très-heureuse pour Mac-Quillan: il n’y perdit pas même un seul homme, et les deux partis rentrèrent chargés d’un butin considérable.

»L’hiver approchoit, et l’Irlandois invita l’Écossois à hiverner avec lui dans son château, et à loger sa troupe dans le Root. Mac-Donald y consentit; mais cette invitation devint funeste pour l’hôte.

»Car sa fille fut séduite par l’étranger, qui l’épousa en secret, sans son consentement. De ce mariage viennent les prétentions des Écossois sur les biens de Mac-Quillan.

»Les soldats d’Écosse furent logés chez les fermiers du Root; on les plaça de manière que dans chaque maison il y avoit un Écossois et un Gallogloh.