M. le gouverneur essaya de calmer Déborah en lui donnant l’agréable espérance qu’à la mort de la Putiphar, à coup sûr elle recouvreroit la liberté.

C’est-à-dire l’esclavage, reprit-elle en souriant. Vous vous êtes coupé, monsieur; la vérité trouve toujours moyen de sortir de son puits, il est inutile d’y mettre un couvercle.

Et M. le gouverneur, lui ayant rendu sourire pour sourire, lui serra tendrement les mains et se retira.

IV.

Peu d’instants après un porte-clefs vint lui offrir de la part de M. le gouverneur une corbeille de figues et d’oranges fraîches cueillies; puis ensuite il lui apporta un matelas et du linge, un miroir, une écritoire complète, quelques menus objets de toilette à l’usage d’une femme, des parfums de Grasse et quelques bonbonnières en bergamote.

Ainsi que Déborah, vous venez de faire connoissance avec le gouverneur de Sainte-Marguerite, et, comme elle, vous devez être touché de ses nobles et bonnes manières. J’aurai peu de chose à ajouter pour vous parfaire son portrait: le caractère des hommes sans duplicité apparoît de lui-même: Je ne vous prendrai point la main pour vous guider et vous faire descendre avec moi dans les replis tortueux de son cœur; nous ne nous égarerons point à la recherche de ses sentiments ténébreux.