Pas une plainte secrète, pas une larme dans l’ombre, pas un soupir étouffé, pas une goutte de sang que Dieu ne recueille—et ne pèse—et ne venge! Ce sont autant de grains de poudre qui s’amassent sous le projectile, et qui font le coup d’autant plus fort, d’autant plus redoutable au jour de l’explosion!—De là vient, de ces causes infimes et partielles, le bouleversement des empires.

Au jour de ces bouleversements avec sa propre massue Dieu tue Hercule.—Alors il divise les nations en deux parts: à l’une il met une toison, à l’autre il met une gueule: et suscite ces deux parts l’une contre l’autre jusqu’à ce que la part qui a la gueule ait dévoré la part qui n’a que la toison!

Quand l’expiation est enfin accomplie, et que Dieu n’a plus besoin de son outil, il le brise!

Dieu, tout-à-l’heure, se servira du peuple; mais dès que cet outil sera ébrêché dans sa main et sera teint de sang, à son tour il le rejetera!

Il enverra alors un homme sorti d’où l’on ne sait où, qui lavera le sang dans le sang, qui à mesure que les mères enfanteront prendra leurs fils et les écrasera sur la pierre!—Puis à son tour cet outil sera brisé! Alors les dernières ombres d’une race qui doit disparoître de la terre reparoîtront. Mais Dieu, pour achever l’holocauste, derechef se choisira un outil dans la propre maison de cette race, et fera régner sur le peuple, jusqu’à ce qu’il ait expié ses nouveaux forfaits et sa nouvelle trahison, ce dernier outil; un homme aux mains crochues portant pour sceptre une pince;—une écrevisse de mer gigantesque;—un homard, n’ayant point de sang dans les veines,—mais une carapace couleur de sang répandu!

XXIV.