3º L’L double après un i.

L’l double se prononce, suivant les cas, de trois manières, comme un l simple, comme deux l, et comme l’l mouillé: c’est-à-dire bien entendu le yod.

Quand l’l double est final, il se prononce simple, comme les autres consonnes, même après i: bil(l) et mandril(l), comme footbal(l) ou atol(l). C’est donc une erreur de mouiller mandril(l).

Quand l’l double n’est pas final, sa prononciation dépend d’abord de la voyelle qui précède, suivant que cette voyelle est ou n’est pas un i, car si c’est un i, l’l double est généralement mouillé.

L’l double est d’abord mouillé, sans exception, dans les groupes -aill-, -eill-, -euill-, -ouill-, à commencer par les finales muettes en -aille, -eille, -euille et -ouille, qui correspondent aux finales masculines en -ail, -eil, -euil, -ouil: écaille et bataille, abeille et oseille, feuille et cueille, grenouille, etc. Il en est de même dans le corps des mots, aussi bien qu’à la fin, d’autant plus que le groupe -ill- intérieur dérive presque toujours d’une finale mouillée[650].

Ainsi l’addition de l’i entre l’une des voyelles a, e, ou et l’l double supprime toute hésitation. C’est pourquoi la prononciation de nouille, autrefois écrit noule, a pu se fixer au son mouillé, tandis que semoule, longtemps mouillé, est retourné au son oule non mouillé, par réaction orthographique et faute d’i.

Le cas est moins simple quand le groupe -ill- n’est pas précédé d’une voyelle, car alors l’i se prononce, et la question de savoir si l’l double est mouillé reste entière.

I. Les finales muettes en ILLE.—Ces finales sont presque toutes mouillées, comme les finales en -aille, -eille, -euille et -ouille, étant donné que les finales non mouillées sont presque toutes en -ile avec un seul l. Pourtant il y a des exceptions, quoiqu’elles tendent progressivement à disparaître, par l’effet de l’analogie[651].

1º Commençons par les verbes. On peut dire que scinti(l)le non mouillé ne se défend plus guère; mais il n’y a pas si longtemps qu’il a mouillé ses l, et l’on conserve toujours à côté de lui scintil-lation, où les deux l sont distincts.

Nous assistons actuellement à la transformation de osci(l)le et vaci(l)le en osciye et vaciye, qui est bien près d’être achevée, surtout pour vaci(l)le, quoique oscil-lation et vacil-lation soient aussi à peu près intacts. On doit encore conseiller osci(l)le; on peut même conseiller vaci(l)le, mais il ne faut pas se dissimuler que ce seront bientôt des archaïsmes. Et naturellement la conjugaison entière de ces verbes se trouve altérée de la même manière par réaction analogique.