Le p se prononce naturellement dans les mots d’origine étrangère, handicap, jalap, hanap, salep, julep, midship, bishop, stop, croup et group[703].
Le p est encore muet dans tem(ps) et printem(ps), dans exem(pt), dans rom(ps) ou rom(pt) et leurs composés, dans prom(pt) et dans cor(ps).
Dans le corps des mots, devant une consonne, le p se prononce aujourd’hui. Il était muet autrefois dans les mots les plus usités, surtout devant un t[704]. Il est encore muet devant t dans un grand nombre de mots:
1º Ba(p)tême et tous les mots de la famille[705]. Peut-être dit-on quelquefois baptismal, non sans une nuance de pédantisme, mais on dit toujours les fonts ba(p)tismaux;
2º Se(p)t, se(p)tième et se(p)tièmement, mais non les autres dérivés, qui sont tirés directement du latin, et gardent le p comme en latin, y compris septembre, septante et septentrion, par réaction étymologique[706];
3º Exem(p)ter, mais non exemption;
4º Com(p)te et tous ses dérivés, avec ceux de prom(pt), y compris com(p)tabilité et prom(p)titude;
5º Scul(p)ter et sa famille, malgré Domergue;
Dans che(p)tel (che et non ché), on commence à prononcer le p même dans les facultés de droit, et cela fait ché et non plus che.
Pour dompter et indomptable, la pratique et les opinions sont fort partagées. Depuis longtemps la tradition est pour imdom(p)table et surtout dom(p)ter, mais je crains fort que le p, admis mal à propos par l’Académie, ne finisse par prévaloir.