4º Dans con-nexe et ses dérivés, con-nivence et prima don-na; dans sun-nite[695].
L’N mouillé.
On sait que l’n mouillé est représenté en français par gn (ny à peu de chose près). On a vu au chapitre du G dans quels cas le g faisait une consonne distincte[696]. On a vu aussi aux chapitres de OI et AI comment l’i s’était détaché du groupe ign, signe primitif de l’n mouillé, pour se joindre à l’a ou à l’o qui précédait, remplaçant Monta-ign-e par Montai-gn-e et po-ign-ard par poi-gn-ard[697].
La prononciation de gni mouillé est assez difficile, étant à peu près nyi: il faut éviter cependant de faire entendre compa(g)nie[698], si(g)nifier, et surtout ma(g)nifique.
Les livres maintiennent encore si(g)net non mouillé; mais ce résidu d’une prononciation désuète ne peut manquer de disparaître par l’effet de l’analogie, le mot étant de ceux qu’on apprend plutôt par l’œil[699].
Si le groupe gn est suivi du suffixe ier, le son est le même que si le suffixe était seulement er: guign-ier, Régn-ier.
Nous ajouterons que gn mouillé n’est jamais initial en français, sauf dans quelques mots de la langue populaire: gnaf (que quelques-uns écrivent gniaf), gnon ou gniole, gnangnan, gnognote et gnouf.
P
A la fin des mots, dans les mots français ou entièrement francisés, le p, qui d’ailleurs y est assez rare, est ordinairement muet: dra(p), et aussi sparadra(p)[700], cam(p) et cham(p), galo(p), siro(p) et tro(p), cou(p) et beaucou(p), lou(p) et cantalou(p)[701].
Il n’y a d’exceptions que dans cap et cep[702]; naturellement aussi les interjections hop, hip, houp.