En dehors des mots français en -en après consonne, l’n final précédé d’une voyelle ne se prononce que dans des mots et dans des noms propres étrangers: en -en aussi d’abord[686]; puis en -man[687]; en -in, avec des noms allemands en -ain et -ein[688]; enfin quelques mots savants et beaucoup de noms étrangers en -on[689]. La finale -oun ne peut pas être nasale[690].
Les finales en n suivi de c ou g, de t ou d ou d’s, prononcés ou non, sont également nasales, sauf les troisièmes personnes du pluriel, dont la finale est muette, sauf aussi la plupart des mots anglais en -ing et quelques noms étrangers en -ens ou -ent[691].
Dans le corps des mots, l’n n’est distinct en français que devant une voyelle[692].
Dans doña, señor, señora, malagueña, même sans le tilde qui le surmonte, il faut mouiller l’n: dogna, segnor. De même dans cañon[693].
2º L’N double.
On a vu que l’n double conserve le son nasal suivi d’n simple dans les composés du préfixe en-, comme en-noblir, et dans les mots de la famille d’en-nui. Ailleurs, entre voyelles non caduques, l’n double a le son de l’n simple sans nasale, notamment après o dans les finales en -onner[694] ou -onnaire, et toutes celles qui se rattachent aux mots en -on et -onne, aussi bien que celles qui se rattachent aux mots en -en, comme doye(n)né, moye(n)nant, chie(n)ner.
L’n double ne se prononce double que dans des mots plus ou moins savants, à savoir:
1º Dans les mots commençant par ann-, sauf a(n)neau, a(n)née, a(n)niversaire, a(n)noncer et ses dérivés, et, si l’on veut, a(n)nuel, a(n)nuaire, a(n)noter et a(n)nuler; dans can-nibale, tyran-nique et tyran-niser, hosan-na, tan-nique et britan-nique;
2º Dans en-néagone, bien-nal, décen-nal ou septen-nat et autres de même famille; dans pen-non, pen-nage et empen-né, fescen-nin ou anten-nule, mais non dans he(n)né ni dans te(n)nis;
3º Dans les mots commençant par inn-, sauf i(n)nocent et sa famille, et, si l’on veut, i(n)nombrable; dans cin-name et cin-namome, min-nesænger et pin-nule;