Les autres mots où l’s se prononce sont parfois d’origine latine, comme salva nos ou nescio vos, ou étrangère: albatros, puis albinos et mérinos, pluriels devenus singuliers, ainsi que le gascon escampativos[754].

Presque tous sont d’origine grecque: atropos, paros, cosmos, tétanos, rhinocéros, ithos et pathos, lotos et autres mots savants[755].

6º Après ou, l’s se prononce dans le monosyllabe tous, non suivi de l’article ou d’un substantif devant lequel l’article est sous-entendu, autrement dit quand tous est accentué: ils viendront tous, tous viendront, un pour tous et tous pour un, tous debout et même tous soldats, soldats étant ici une apposition; on dira au contraire tou(s) les hommes, ou tou(s) soldats qui...

Cette distinction très nette empêche toute confusion entre ils ont tous dit et ils ont tou(t) dit, ils sont tous fiers et ils sont tou(t) fiers, ils savent tous ce qu’on a dit et ils savent tou(t) ce qu’on a dit; mieux encore, entre nous connaissons tous les livres de... et nous connaissons tou(s) les livres de...

L’s se prononce aussi dans les mots arabes burnous et couscous, et dans négous, écrit aussi négus[756].

7º Après un u, l’s final se prononce surtout dans un très grand nombre de mots latins ou qui peuvent passer pour tels: angelus, cactus, calus, carolus, chorus, convolvulus, crocus, détritus[757], eucalyptus, fœtus, hiatus, humus, in manus, in partibus, lapsus, mordicus, omnibus, papyrus, orémus, prospectus, rébus, rictus, sénatus-consulte, sinus et cosinus, typhus, virus, etc., dans blocus et négus, mots étrangers, sans parler des mots familiers qui se sont formés sur l’analogie des mots latins, comme laïus, motus, olibrius, quitus ou rasibus, avec gibus.

Dans les mots proprement français, l’s ne se prononce pas[758]. Obus lui-même, où l’s se prononce régulièrement avec le son doux (obuse), peut-être par l’analogie d’obusier, s’est si bien francisé que dans l’armée on prononce régulièrement obu, qui est donc devenu la meilleure prononciation. La seule prononciation qui ne vaille rien du tout, c’est obusse.

Pourtant l’s se retrouve dans deux ou trois mots.

Quoique l’s d’abu(s) ne se prononce pas, le monosyllabe us paraît avoir repris assez généralement le sien, sans doute en qualité de monosyllabe réduit à une voyelle, et pour s’élargir un peu; mais ce mot ne s’emploie guère que dans l’expression us et coutumes, où la liaison se fait tout aussi bien avec un s doux: u(s) zet coutumes.

D’autre part, la prononciation de plus est assez délicate et assez variable.